Editorial de Riss, Charlie Hebdo 1231 245 fevrier 2016
L'ÉDITO PAR RISS
CELUI QUI CROYAIT AU LOGICIEL CELUI QUI N'Y CROYAIT PAS
es petits cons qui ont massacré, le 13 novembre 2015 à Paris, ne l'étaient pas tant que ça. Les services de police n'ont toujours pas réussi à décrypter leurs messages codés.
Comment des petites frappes terroristes qui quelques heures après leurs crimes cherchaient des planques, parfois sur des talus d'autoroutes, pouvaient en même temps disposer de technologies si sophistiquées au point de mettre en échec les logiciels hyper¬puissants de décodage des services secrets occidentaux? Ils avaient crypté leurs mails plus efficacement que les Allemands pendant la guerre, dont les messages codés par la fameuse machine Enigma furent pourtant déchiffrés par les Alliés. Les tueurs du 13 novembre 2015 étaient visiblement mieux équipés que la Wehrmacht!
Dans le même temps, un tribunal administratif décide d'abais¬ser à 16 ans l'interdiction du film Salafistes. D'un côté, les isla¬mistes nous cachent efficacement leurs plans avec des codes, de l'autre, on interdit aux futures cibles de regarder ce qu'ils risquent peut-être un jour de subir. On refuse de regarder ces images abo¬minables parce qu'elles sont en réalité banales. Des djihadistes en 4 x 4 rattrapent une voiture et mitraillent ses passagers. La voiture part dans le fossé, c'est fini. Tous morts. Un djihadiste croise un passant dans la rue puis, soudain, sort un pistolet et lui tire une balle dans la tête. C'est fini. Aussi simple que ça. On croit que les tueurs ont dans la tête des plans pour nous zigouiller, aussi difficiles à déchiffrer que leurs messages codés. Mais non. Leur conception du monde ne nécessite pas un ordinateur capable de faire 2 milliards d'opérations à la seconde pour être comprise. Elle se résume à un logiciel de quatre lettres : Dieu. Ces meurtres gratuits d'innocents filmés dans la rue, montrés dans Salafistes, témoignent de leur foi granitique en Dieu qu'ils croient à leurs
côtés. Tuer avec une telle décontraction renforce leur foi. Quand on a tué, on
ne peut plus revenir en arrière. Je tue parce que j'ai la foi. Je tue, donc je crois. Foi et meurtre se nourrissent récipro¬quement dans une relation quasi inces¬tueuse.
Dieu a un avantage: c'est.~~i¬cation facile à télécharger sur votre iPhone, gratuite et qui n'a pas besoin
d'être cryptée. Pourquoi mise-t-on à ce point sur la technologie, sur des ordinateurs surpuissants, pour nous révéler les intentions des tueurs, et nous protéger de leurs plans criminels mystiques? Parce qu'il ne reste plus que ça. Parce que les inteliectuels ont renoncé à contester Dieu, parce que les journalistes fuient dès que son nom est invoqué. Parce que les seules armes pour combattre ce fanatisme religieux, à savoir la rai¬son et l'esprit critique, ont été abandonnées en rase campagne, par lâcheté et par défaitisme. Alors on se tourne vers la technologie en espérant qu'elle réparera les conséquences de notre inconsé¬quence. Mais non, les ordinateurs et les logiciels de décryptage ne nous protégeront pas de cette violence et ne rendront pas le terrain concédé à la religion par les intellectuels.
Un quotidien national nous offre le portrait d'un théologien et imam de 37 ans, présenté comme un croyant réformiste. On apprend que, dès l'âge de 3 ans, il est entré dans une école cora¬nique. Trois ans! D'habitude, quand on fait entrer un gosse de
3 ans dans une secte pour lui faire réciter des phrases sacrées à longueur de journée, on appelle la police. Ici, pas un bruissement d'indignation. Rien. Tout cela est devenu normal. Plus aucun mot pour contester tout ce qui, de près ou de loin, concerne Dieu. La presse s'excite contre l'état d'urgence, contre la police qui n'a pas déjoué les attentats et, en même temps, elle publie des portraits complaisants de mystiques au cerveau lessivé depuis l'âge de 3 ans. Et qu'on ose nous présenter comme réformiste! C'est quoi, être réformiste en 2016 ? Inscrire des gamins dans une école coranique à 4 ans et demi au lieu de 3 ans? Pendant que des journalistes s'émerveillent devant un type formaté depuis l'âge de 3 ans par une école religieuse, l'écrivain algérien Kamel Daoud annonce dans Le Monde qu'il renonce au débat public après avoir été accusé d'islarno¬phobie par des universitaires. Son tort, avoir écrit un texte sur «la misère sexuelle du monde arabe» après les violences de Cologne. Le terrorisme utilise toutes les armes possibles, des bombes, des fusils d'assaut, des messages cryptés, mais aussi l'intimidation. la marginalisation des écrivains et des intellectuels qui essayent de penser autrement. Ces accusations n'ont rien à voir avec un débat d'idées: elles font partie de l'arsenal du terrorisme. Quand cette guerre contre fislamisme sera terminée, il faudra faire les comptes de toutes les lâchetés, les complaisances, les trahisons des intellos et des journalistes qui auront tout fait pour intimider et faire taire les voix contestataires. Et pour cela, il faudra un ordinateur bien plus gros que celui utilisé pour décoder les messages des tueurs de 2015 .•
Les intellectuels
ont renoncé à
contester Dieu, les journalistes fuient dès que son
nom est invoqué.
Cafés de la Méditerranée...Mediterranean Coffee Shops...قهاوي البحر الإبيض المتوسط A journal in the style of The Tatler, 1709, by Steele Un journal dans le style de "The Tatler," 1709 par Steele 1709 مجلة في طرازالحكي
3/06/2016
2/06/2016
Shati' Tea and Falafel Shop, Gaza Idée de Nallino
préface?
Voila copie colle une numerisation OCR par mon IRIS pro Middle East de Philippe-Jean Catinchi sur la vie d'Umberto dans le Monde du 21-22 fevrier.
Umberto Eco
ilosoph
"
hilosophe, écrivain et es¬sayiste, Umberto Eco est mort à 84ans, vendredi soir 19 février, à son do¬
micile, à Milan, des suites d'un cancer, a confirmé sa famille au quotidien italien La Repubblica.
Pionnier de la sémiotique - la science des signes - et théoricien du langage (notamment de la ré¬ception), ce qui court en filigrane tout au long de son.œuvre roma¬nesque, auteur de nombreux es¬sais sur l'esthétique et les médias, il a écrit tardivement son premier roman, qui connaît un succès considérable, Le Nom de la rose, paru en 1980 chez Pabbri-Bom¬pian, puis e1l1982, chez Grasset. Cette enquête policière au sein d'une communauté religieuse au XIVe siècle, traduite en une qua¬rantaine de langues et adaptée au cinéma, lui assura une notoriété quasi universelle.
Né dans le Piémont, à Alessan¬dria, le 5 janvier tojz, au sein d'une famille de la petite bour¬geoisie - son grand-père est un enfant trouvé et son père, aîné de 13 enfants, est le premier à passer du monde des prolétaires à celui des employés -, Umberto Eco grandit sur fond de guerre et de maquis (<
Mais Eco n'en reste pas à l'étude théorique. Dès 1955, il est assis¬tant à la télévision et travaille sur les programmes culturels de la chaîne publique italienne, la RAI. Tandis qu'il se lie d'amitié avec le musicien Luciano Berio, il intègre la Neoavanguardia qui, bien que «de gauche », rejette la littérature « engagée» ; ainsi, Eco collabore, à partir de 1956, aux revues Il Verri et Rivista di estetica.
Il dirige, en 1960, une collection d'essais philosophiques pour l'éditeur milanais Bompiani, et prolonge l'aventure collective, en participant, en 1963, avec de jeu¬nes intellectuels et artistes de sa génération, tels Nanni Balestrini
••
zn
Si la curiosité et le champ d'investigation d'Eco connaissent peu de limites, la constante de son analyse reste la volonté de « voir du sens là où on serait tenté de ne voir que des faits»
crit dans le sillage de Joyce, Pound, Borges, Gadda - autant d'auteurs essentiels pour Umberto Eco. Avant l'austère mensuel Quindici, lancé en juin 1967, futur creuset des mouvements de 1968, la même équipe lance une revue de culture contemporaine - art.litté¬rature, architecture, musique - Marcatré (1963-1970), tandis que le jeune penseur, attiré par le jour¬nalisme, commence une collabo¬ration durable avec la presse (The Times Literary Supplement, dès 1963 et EEspresso, dès 1965).
Mais il n'abandonne pas l'ensei¬gnement: de 1966 à 1970, il exerce successivement à la faculté d'ar¬chitecture de Florence et à celle de Milan et intervient aussi à l'uni¬versité de Sao Paulo (1966), à la New York University (1969) et à Buenos Aires (1970).
Esthétique de l'interprétation
En 1971, l'année même où il fonde Versus, revue internationale des études sémiotiques, Eco enseigne cette science à la faculté de lettres et de philosophie de Bologne, où il obtient la chaire de la discipline, en 1975. Pour Eco, cette science ex¬périmentale inaugurée par Ro¬land Barthes est, plus qu'une mé¬thode, une articulation entre ré¬flexion et pratique littéraire, cul¬tures savante et populaire. Il le prouve magistralement, lors de sa leçon au Collège de France, dont il a été le titulaire de la chaire euro¬péenne en 1992 (<Ses premières expériences à la télévision italienne ont très tôt fa¬miliarisé Umberto Eco à la com¬munication de masse et aux nou¬velles formes d'expression, comme les séries télévisées ou le monde des variétés. Il y découvre le kitsch et les vedettes du petit écran. Autant d'aspects de la cul¬ture populaire qu'il aborde dans Apocalittici e Integrati (Bompiani,
. 1964), La Guerre du faux, recueil publié en France, en 1985, chez Grasset, à partir d'articles écrits entre 1973 et 1983, etDe Superman au surhomme (1976-1993).
Dans Apocalittici e Integrati, no¬tamment, il distingue, dans la ré¬ception des médias, une attitude «apocalyptique », tenant d'une vision élitaire et nostalgique de la culture, et une autre, «intégrée », qui privilégie le libre accès aux produits culturels, sans s'interro¬ger sur leur mode de production. A partir de là, Eco plaide pour un engagement critique à l'égard des médias. Ensuite, ses recherches l'amèneront à se pencher sur les genres considérés comme mi¬neurs - tels le roman policier ou le roman-feuilleton, dont il analyse les procédés et les structures -, mais également sur certains phé¬nomènes propres à la civilisation contemporaine, comme le foot¬ball, le vedettariat, la publicité, la mode ou 'le terrorisme. D'où son active participation aux débats de la cité, qu'elle soit à l'échelle locale ou à l'échelle planétaire ...
Si la curiosité et le champ d'in¬vestigation d'Umberto Eco con¬naissent peu de limites, la cons¬tante de son analyse reste la vo¬lonté de « voir du sens là où on se¬rait tenté de ne voir que desfaits ». C'est dans cette optique qu'il a cherché à élaborer une sémioti¬que générale, exposée, entre autres, dans La Structure absente (Mercure de France, 1972), Le Si¬gne, histoire et analyse d'un con¬cept (Editions Labor, 1988), plus encore dans son Traité de sémio¬tique générale (Bompiani, 1975). Ainsi contribue-t-il au dévelop¬pement d'une esthétique de l'in¬terprétation.
Il se préoccupe de la définition de l'art, qu'il tente de formuler dès L'Œuvre ouverte (Seuil, 1965), où il pose les jalons de sa théorie, en montrant, au travers d'une sé¬rie d'articles qui portent notam¬ment sur la littérature et la musi-
P
mesure où plusieurs signifiés co¬habitent au sein d'un seul signi¬fiant. Le texte n'est donc pas un objet fini, mais, au contraire, un objet «ouvert» que le lecteur ne peut se contenter de recevoir pas¬sivement et qui implique, de sa part, un travail d'invention et d'interprétation. L'idée-force d'Umberto Eco, reprise et déve¬loppée dans Lector in fabula (Grasset, 1985), est que le texte, parce qu'il ne dit pas tout, re¬quiert la coopération du lecteur.
Aussi le sémiologue élabore-t-il la notion de «lecteur modèle », lecteur idéal qui répond à des nor¬mes prévues par l'auteur et qui non seulement présente les com¬pétences requises pour saisir ses intentions, mais sait aussi «inter¬préter les non-dits du texte». Le texte se présente comme un champ interactif. où l'écrit, par as¬sociation sémantique, stimule le lecteur, dont la coopération fait partie intégrante de la stratégie mise en oeuvre par l'auteur.
Un succès phénoménal
Dans Les Limites de l'interpréta¬tion (Grasset, 1992), Umberto Eco s'arrête encore une fois sur cette relation entre l'auteur et son lec¬teur. Il s'interroge sur la défini¬tion de l'interprétation et sur sa possibilité même. Si un texte peut supporter tous les sens, il dit tout et n'importe quoi. Pour que l'interprétation soit possible, il faut lui trouver des limites, puis¬que celle-là doit être finie pour pouvoir produire du sens. Um¬berto Eco s'intéresse là aux appli¬cations des systèmes critiques et aux risques de mise à plat du texte, inhérents à toute démarche interprétative. Dans La Recherche de la langue parfaite dans la cul¬ture européenne (Seuil, 1993), il étudie ainsi les projets fonda-
u e e
teurs qui ont anim"l la' quMe d'une langue idéale. Une langue universelle qui n'est pas une lan¬gue à part, langue originelle et utopique ou langue artificielle, mais une langue idéalement constituée de toutes les langues.
Professeur, chroniqueur et cher¬cheur, Eco a, tout au long de sa car¬rière, repris en recueil nombre de ses conférences et contributions, des plus humoristiques (Pastiches et postiches, chez Messidor, en 1988; Comment voyager avec un saumon, chez Grasset, en 1998) aux plus polémiques (Croire en quoi ?, chez Rivages, en 1998, Cinq questions de morale, chez Grasset, en 2000). Mais aussi. retrouvant le pari qu'il avait relevé pour Born¬piani à la fin des années 1950 en réalisant une somme illustrée, La Grande histoire des inventions. il s'est essayé tardivement à des synthèses personnelles: Histoire de la beauté (Seuil, 2004), Histoire de la laideur (Flammarion, 2007) ou Histoire des lieux de légende (Flammarion, 2013), en marge d'un saisissant Vertige de la liste (Flammarion. 2009), dont le ton croise le savoir de l'érudit et la li¬berté de l'écrivain, car Umberto Eco est également romancier.
Ses oeuvres de fiction sont. d'une certaine façon, l'applica¬tion des théories avancées dans L'Œuvre ouverte DU Lector in fa¬bula. Ses deux premiers romans, Le Nom de la rose (1980) et Le Pen¬dule de Foucault (Grasset, 1990), qui rencontrent, contre toute at¬tente, un succès phénoménal, se présentent comme des romans où se mêlent ésotérisme, humour et enquête policière.
A chaque page, l'érudition et la sagacité du lecteur sont sollicitées par une énigme. une allusion, un pastiche ou une citation. Le pre¬mier roman, situé en 1327. en un
temps troublé de crise politique et religieuse, d'hérésie et traque inquisitoriale, se déroule dans une abbaye où un moine francis¬cain, préfiguration de Sherlock Holmes, tente d'élucider une sé¬rie de crimes obscurs.
A partir de là, trois lectures sont possibles, selon qu'on se pas¬sionne pour l'intrigue, qu'on suive le débat d'idées ou qu'on s'attache à la dimension allégorique, qui présente, à travers le jeu multiple des citations, « un livre fait de li¬vres ». L'Umberto Eco lecteur de Borges et de Thomas di\quin est, plus que jamais, présent dans ce roman, qui a connu un succès mondial et a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle princi¬pal. Le Pendule de Foucault mêle histoire et actualité à travers une investigation menée sur plusieurs siècles, de l'ordre du Temple au sein des sectes ésotériques.
Echappée intime, exceptionnelle Troisième jeu romanesque, L'Île du jour d'avant (Le Livre de Poche, 1996) est une évocation de la pe¬tite noblesse terrienne italienne du XVIIe siècle. Le récit d'une édu¬cation sentimentale, mais égale¬ment, à travers une description de l'identité piémontaise, un roman nostalgique et en partie autobio¬graphique: l'auteur se penche sur ses propres racines, comme il le fait plus tard dans son livre le plus personnel, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana (Gras¬set, 2005), sorte d'autoportrait dé¬guisé en manteau di\rlequin co¬loré d'images illustrées de l'en¬fance. Amnésique à la recherche de son passé, Yambo, double d'Eco, reconstruit son identité, en s'appuyant sur ses lectures de jeu¬nesse des années 1930, quand les romans d'aventures français et les
bandes dessinées américaines concurrençaient la propagande fasciste. Cette échappée intime, exceptionnelle chez un homme dont la pudeur est la règle, est sans exemple.
De Baudolino (Grasset, 2002), éblouissante chronique du temps de Frédéric Barberousse tenu par un falsificateur de génie, à Nu¬méro Zéro (Grasset, 2015), fable aussi noire que féroce qui épingle la faillite contemporaine de l'in¬formation, en passant par Le Ci¬metière de Prague (Grasset, 20U), où le thème du complot, si pré¬sent dans l'œuvre, est au cœur d'une fiction glaçante, Eco renoue avec une envergure plus large, des interrogations plus éthiques où l'érudition et la malice le dispu¬tent au jeu, sur le vrai et le faux, la forme aussi, puisque l'écrivain se plaît à croiser les registres et mul¬tiplier les défis.
Eco est un de ces noms donnés aux enfants sans identité, acro¬nyme latin qui convoque la pro¬vidence (ex coelis oblatus, don des cieux, en quelque sorte). Il fallait au moins ce clin d'œil pour le plus facétieux des érudits, le plus lettré des rêveurs. S'il paro¬diait Dante, à 12 ans, quand il se voulait conducteur de tramway, Umberto Eco désarme toujours autant les commentateurs. Phi¬losophe destiné à intégrer la vé¬nérable et très sélective Library of Living Philosophers, il semble toutefois promis à une postérité de romancier. Sorte de Jean Pic .de la Mirandole converti à l'Oulipo, celui que le médiéviste Jacques Le Goff, qui a conseillé le cinéaste du Nom de la rose, appe¬lait « le grand alchimiste» est au moins, à coup sûr, l'idéal du pen¬seur pluriel, de l'obsédé textuel, du lecteur amoureux. _
PHILIPPE-JEAN CATINCHI
Voila copie colle une numerisation OCR par mon IRIS pro Middle East de Philippe-Jean Catinchi sur la vie d'Umberto dans le Monde du 21-22 fevrier.
Umberto Eco
ilosoph
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hilosophe, écrivain et es¬sayiste, Umberto Eco est mort à 84ans, vendredi soir 19 février, à son do¬
micile, à Milan, des suites d'un cancer, a confirmé sa famille au quotidien italien La Repubblica.
Pionnier de la sémiotique - la science des signes - et théoricien du langage (notamment de la ré¬ception), ce qui court en filigrane tout au long de son.œuvre roma¬nesque, auteur de nombreux es¬sais sur l'esthétique et les médias, il a écrit tardivement son premier roman, qui connaît un succès considérable, Le Nom de la rose, paru en 1980 chez Pabbri-Bom¬pian, puis e1l1982, chez Grasset. Cette enquête policière au sein d'une communauté religieuse au XIVe siècle, traduite en une qua¬rantaine de langues et adaptée au cinéma, lui assura une notoriété quasi universelle.
Né dans le Piémont, à Alessan¬dria, le 5 janvier tojz, au sein d'une famille de la petite bour¬geoisie - son grand-père est un enfant trouvé et son père, aîné de 13 enfants, est le premier à passer du monde des prolétaires à celui des employés -, Umberto Eco grandit sur fond de guerre et de maquis (<
Mais Eco n'en reste pas à l'étude théorique. Dès 1955, il est assis¬tant à la télévision et travaille sur les programmes culturels de la chaîne publique italienne, la RAI. Tandis qu'il se lie d'amitié avec le musicien Luciano Berio, il intègre la Neoavanguardia qui, bien que «de gauche », rejette la littérature « engagée» ; ainsi, Eco collabore, à partir de 1956, aux revues Il Verri et Rivista di estetica.
Il dirige, en 1960, une collection d'essais philosophiques pour l'éditeur milanais Bompiani, et prolonge l'aventure collective, en participant, en 1963, avec de jeu¬nes intellectuels et artistes de sa génération, tels Nanni Balestrini
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Si la curiosité et le champ d'investigation d'Eco connaissent peu de limites, la constante de son analyse reste la volonté de « voir du sens là où on serait tenté de ne voir que des faits»
crit dans le sillage de Joyce, Pound, Borges, Gadda - autant d'auteurs essentiels pour Umberto Eco. Avant l'austère mensuel Quindici, lancé en juin 1967, futur creuset des mouvements de 1968, la même équipe lance une revue de culture contemporaine - art.litté¬rature, architecture, musique - Marcatré (1963-1970), tandis que le jeune penseur, attiré par le jour¬nalisme, commence une collabo¬ration durable avec la presse (The Times Literary Supplement, dès 1963 et EEspresso, dès 1965).
Mais il n'abandonne pas l'ensei¬gnement: de 1966 à 1970, il exerce successivement à la faculté d'ar¬chitecture de Florence et à celle de Milan et intervient aussi à l'uni¬versité de Sao Paulo (1966), à la New York University (1969) et à Buenos Aires (1970).
Esthétique de l'interprétation
En 1971, l'année même où il fonde Versus, revue internationale des études sémiotiques, Eco enseigne cette science à la faculté de lettres et de philosophie de Bologne, où il obtient la chaire de la discipline, en 1975. Pour Eco, cette science ex¬périmentale inaugurée par Ro¬land Barthes est, plus qu'une mé¬thode, une articulation entre ré¬flexion et pratique littéraire, cul¬tures savante et populaire. Il le prouve magistralement, lors de sa leçon au Collège de France, dont il a été le titulaire de la chaire euro¬péenne en 1992 (<
. 1964), La Guerre du faux, recueil publié en France, en 1985, chez Grasset, à partir d'articles écrits entre 1973 et 1983, etDe Superman au surhomme (1976-1993).
Dans Apocalittici e Integrati, no¬tamment, il distingue, dans la ré¬ception des médias, une attitude «apocalyptique », tenant d'une vision élitaire et nostalgique de la culture, et une autre, «intégrée », qui privilégie le libre accès aux produits culturels, sans s'interro¬ger sur leur mode de production. A partir de là, Eco plaide pour un engagement critique à l'égard des médias. Ensuite, ses recherches l'amèneront à se pencher sur les genres considérés comme mi¬neurs - tels le roman policier ou le roman-feuilleton, dont il analyse les procédés et les structures -, mais également sur certains phé¬nomènes propres à la civilisation contemporaine, comme le foot¬ball, le vedettariat, la publicité, la mode ou 'le terrorisme. D'où son active participation aux débats de la cité, qu'elle soit à l'échelle locale ou à l'échelle planétaire ...
Si la curiosité et le champ d'in¬vestigation d'Umberto Eco con¬naissent peu de limites, la cons¬tante de son analyse reste la vo¬lonté de « voir du sens là où on se¬rait tenté de ne voir que desfaits ». C'est dans cette optique qu'il a cherché à élaborer une sémioti¬que générale, exposée, entre autres, dans La Structure absente (Mercure de France, 1972), Le Si¬gne, histoire et analyse d'un con¬cept (Editions Labor, 1988), plus encore dans son Traité de sémio¬tique générale (Bompiani, 1975). Ainsi contribue-t-il au dévelop¬pement d'une esthétique de l'in¬terprétation.
Il se préoccupe de la définition de l'art, qu'il tente de formuler dès L'Œuvre ouverte (Seuil, 1965), où il pose les jalons de sa théorie, en montrant, au travers d'une sé¬rie d'articles qui portent notam¬ment sur la littérature et la musi-
P
mesure où plusieurs signifiés co¬habitent au sein d'un seul signi¬fiant. Le texte n'est donc pas un objet fini, mais, au contraire, un objet «ouvert» que le lecteur ne peut se contenter de recevoir pas¬sivement et qui implique, de sa part, un travail d'invention et d'interprétation. L'idée-force d'Umberto Eco, reprise et déve¬loppée dans Lector in fabula (Grasset, 1985), est que le texte, parce qu'il ne dit pas tout, re¬quiert la coopération du lecteur.
Aussi le sémiologue élabore-t-il la notion de «lecteur modèle », lecteur idéal qui répond à des nor¬mes prévues par l'auteur et qui non seulement présente les com¬pétences requises pour saisir ses intentions, mais sait aussi «inter¬préter les non-dits du texte». Le texte se présente comme un champ interactif. où l'écrit, par as¬sociation sémantique, stimule le lecteur, dont la coopération fait partie intégrante de la stratégie mise en oeuvre par l'auteur.
Un succès phénoménal
Dans Les Limites de l'interpréta¬tion (Grasset, 1992), Umberto Eco s'arrête encore une fois sur cette relation entre l'auteur et son lec¬teur. Il s'interroge sur la défini¬tion de l'interprétation et sur sa possibilité même. Si un texte peut supporter tous les sens, il dit tout et n'importe quoi. Pour que l'interprétation soit possible, il faut lui trouver des limites, puis¬que celle-là doit être finie pour pouvoir produire du sens. Um¬berto Eco s'intéresse là aux appli¬cations des systèmes critiques et aux risques de mise à plat du texte, inhérents à toute démarche interprétative. Dans La Recherche de la langue parfaite dans la cul¬ture européenne (Seuil, 1993), il étudie ainsi les projets fonda-
u e e
teurs qui ont anim"l la' quMe d'une langue idéale. Une langue universelle qui n'est pas une lan¬gue à part, langue originelle et utopique ou langue artificielle, mais une langue idéalement constituée de toutes les langues.
Professeur, chroniqueur et cher¬cheur, Eco a, tout au long de sa car¬rière, repris en recueil nombre de ses conférences et contributions, des plus humoristiques (Pastiches et postiches, chez Messidor, en 1988; Comment voyager avec un saumon, chez Grasset, en 1998) aux plus polémiques (Croire en quoi ?, chez Rivages, en 1998, Cinq questions de morale, chez Grasset, en 2000). Mais aussi. retrouvant le pari qu'il avait relevé pour Born¬piani à la fin des années 1950 en réalisant une somme illustrée, La Grande histoire des inventions. il s'est essayé tardivement à des synthèses personnelles: Histoire de la beauté (Seuil, 2004), Histoire de la laideur (Flammarion, 2007) ou Histoire des lieux de légende (Flammarion, 2013), en marge d'un saisissant Vertige de la liste (Flammarion. 2009), dont le ton croise le savoir de l'érudit et la li¬berté de l'écrivain, car Umberto Eco est également romancier.
Ses oeuvres de fiction sont. d'une certaine façon, l'applica¬tion des théories avancées dans L'Œuvre ouverte DU Lector in fa¬bula. Ses deux premiers romans, Le Nom de la rose (1980) et Le Pen¬dule de Foucault (Grasset, 1990), qui rencontrent, contre toute at¬tente, un succès phénoménal, se présentent comme des romans où se mêlent ésotérisme, humour et enquête policière.
A chaque page, l'érudition et la sagacité du lecteur sont sollicitées par une énigme. une allusion, un pastiche ou une citation. Le pre¬mier roman, situé en 1327. en un
temps troublé de crise politique et religieuse, d'hérésie et traque inquisitoriale, se déroule dans une abbaye où un moine francis¬cain, préfiguration de Sherlock Holmes, tente d'élucider une sé¬rie de crimes obscurs.
A partir de là, trois lectures sont possibles, selon qu'on se pas¬sionne pour l'intrigue, qu'on suive le débat d'idées ou qu'on s'attache à la dimension allégorique, qui présente, à travers le jeu multiple des citations, « un livre fait de li¬vres ». L'Umberto Eco lecteur de Borges et de Thomas di\quin est, plus que jamais, présent dans ce roman, qui a connu un succès mondial et a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle princi¬pal. Le Pendule de Foucault mêle histoire et actualité à travers une investigation menée sur plusieurs siècles, de l'ordre du Temple au sein des sectes ésotériques.
Echappée intime, exceptionnelle Troisième jeu romanesque, L'Île du jour d'avant (Le Livre de Poche, 1996) est une évocation de la pe¬tite noblesse terrienne italienne du XVIIe siècle. Le récit d'une édu¬cation sentimentale, mais égale¬ment, à travers une description de l'identité piémontaise, un roman nostalgique et en partie autobio¬graphique: l'auteur se penche sur ses propres racines, comme il le fait plus tard dans son livre le plus personnel, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana (Gras¬set, 2005), sorte d'autoportrait dé¬guisé en manteau di\rlequin co¬loré d'images illustrées de l'en¬fance. Amnésique à la recherche de son passé, Yambo, double d'Eco, reconstruit son identité, en s'appuyant sur ses lectures de jeu¬nesse des années 1930, quand les romans d'aventures français et les
bandes dessinées américaines concurrençaient la propagande fasciste. Cette échappée intime, exceptionnelle chez un homme dont la pudeur est la règle, est sans exemple.
De Baudolino (Grasset, 2002), éblouissante chronique du temps de Frédéric Barberousse tenu par un falsificateur de génie, à Nu¬méro Zéro (Grasset, 2015), fable aussi noire que féroce qui épingle la faillite contemporaine de l'in¬formation, en passant par Le Ci¬metière de Prague (Grasset, 20U), où le thème du complot, si pré¬sent dans l'œuvre, est au cœur d'une fiction glaçante, Eco renoue avec une envergure plus large, des interrogations plus éthiques où l'érudition et la malice le dispu¬tent au jeu, sur le vrai et le faux, la forme aussi, puisque l'écrivain se plaît à croiser les registres et mul¬tiplier les défis.
Eco est un de ces noms donnés aux enfants sans identité, acro¬nyme latin qui convoque la pro¬vidence (ex coelis oblatus, don des cieux, en quelque sorte). Il fallait au moins ce clin d'œil pour le plus facétieux des érudits, le plus lettré des rêveurs. S'il paro¬diait Dante, à 12 ans, quand il se voulait conducteur de tramway, Umberto Eco désarme toujours autant les commentateurs. Phi¬losophe destiné à intégrer la vé¬nérable et très sélective Library of Living Philosophers, il semble toutefois promis à une postérité de romancier. Sorte de Jean Pic .de la Mirandole converti à l'Oulipo, celui que le médiéviste Jacques Le Goff, qui a conseillé le cinéaste du Nom de la rose, appe¬lait « le grand alchimiste» est au moins, à coup sûr, l'idéal du pen¬seur pluriel, de l'obsédé textuel, du lecteur amoureux. _
PHILIPPE-JEAN CATINCHI
Cafe de Flore minuit jeudi le 4 fevrier
En rentrant a mon appartement, j'ai parle avec le jeune kiosqier qui travaille l'après midi dans ce kiosque ou Patrick (Malonchon?), le patron, travaille le matin. Intéressant que ces deux cafés étaient toujours un lieu de rencontre de ces dessinateurs, Cabu et Wolinski. Ces jours ci, il vend des Charlie Hebdo a des touristes japonais, etc.
Voici, copie colle, l'article du Monde du 5 janvier, 2016, p. 16:
Patrick et les frères Kouachi
LE LIVRE DU JOUR
Gaidz Minassian
Il s'appelle Patrick. Il est kiosquier, boulevard Saint-Germain, a Paris, entre Le Flore et les Deux Magots, deux institutions. II y a un an, le 7 janvier 2015, comme chaque
matin, il échange quelques mots avec Wolinski et Cabu, ses deux fidèles clients. Ce jour-la, après une dure journée dans le froid, il rentre chez lui en voiture, Mais, arrive rue de Meaux, dans le 19" arrondissement, sa Clio grise tombe nez a nez avec la C3 noire des frères Kouachi, qui viennent de massacrer la bande de copains de Charlie Hebdo.
«Descends, an a besoin de ta voitures», ordonnent-ils. Patrick obéit et reste au milieu de la rue, réalisant que son chien, Gabin, est couche a l'arrière, Coup du hasard, sa vieille Clio de 15 ans d'age cale quand CherifKouachi prend le volant. Ancien militaire, Patrick garde son calme, ouvre la porte arrière et récupère son chien avant que les frères Kouachi ne poursuivent leur cavale dans son automobile. Dans les rues de Paris, Patrick ne sait pas encore que ceux qui ont braqué sa voiture sont ceux qui ont assassine Cabu et Wolinski, ces clients qui aiment leur kiosquier les journaux et le papier.
La journaliste Anaïs Ginori raconte cette histoire dans son dernier ouvrage. Correspondante à Paris du quotidien italien La Republica, elle venait de s'installer dans le no arrondissement de la capitale avec ses enfants. lronie du sort, elle avait décidée de s'éloigner des théâtres de guerre pour exercer son métier de journaliste dans ce quartier calme. En moins d'un an, elle se retrouve a deux reprises prise au piège de la terreur : en janvier avec la tragédie de Charlie Hebdo, puis en novembre 2015, lors du massacre du Bataclan et des autres attentats dans Paris, a deux pas de chez elle.
sans volonté de « spectaculariser» les faits. Des séquences d'humanité, des tranches de vie de citoyens lambda comme Patrick ou encore Michel Catalano, le patron de l'imprimerie CTD a Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) ou se sont réfugiés Saïd et Cherif Kouachi avant de tomber sous les balles du RAID.
Le style est sobre, parfois touchant, avec ces petites pointes d'émotion que le regard professionnel de l'auteure a su essaimer sans tomber dans Ie pathos. Car au-delà du retour sur cette journée tragique du 7 janvier, notre consoeur lui donne une épaisseur sociale. Elle voit en Patrick un héros anonyme parmi les derniers défenseurs de la presse écrite a i ‘heure ou son métier est méconnu et en voie de disparition. Elle voit aussi dans cette expérience une métaphore de l'industrie de la presse qui doute de son avenir en dépit de ventes élevées réalisées lors de tragédies nationales comme celles du 7 janvier et 13 novembre. _
Le Kiosquier de Charlie Anaïs Ginori,
Editions des Equateurs, 2016, 184 pages, 15€
Voici, copie colle, l'article du Monde du 5 janvier, 2016, p. 16:
Patrick et les frères Kouachi
LE LIVRE DU JOUR
Gaidz Minassian
Il s'appelle Patrick. Il est kiosquier, boulevard Saint-Germain, a Paris, entre Le Flore et les Deux Magots, deux institutions. II y a un an, le 7 janvier 2015, comme chaque
matin, il échange quelques mots avec Wolinski et Cabu, ses deux fidèles clients. Ce jour-la, après une dure journée dans le froid, il rentre chez lui en voiture, Mais, arrive rue de Meaux, dans le 19" arrondissement, sa Clio grise tombe nez a nez avec la C3 noire des frères Kouachi, qui viennent de massacrer la bande de copains de Charlie Hebdo.
«Descends, an a besoin de ta voitures», ordonnent-ils. Patrick obéit et reste au milieu de la rue, réalisant que son chien, Gabin, est couche a l'arrière, Coup du hasard, sa vieille Clio de 15 ans d'age cale quand CherifKouachi prend le volant. Ancien militaire, Patrick garde son calme, ouvre la porte arrière et récupère son chien avant que les frères Kouachi ne poursuivent leur cavale dans son automobile. Dans les rues de Paris, Patrick ne sait pas encore que ceux qui ont braqué sa voiture sont ceux qui ont assassine Cabu et Wolinski, ces clients qui aiment leur kiosquier les journaux et le papier.
La journaliste Anaïs Ginori raconte cette histoire dans son dernier ouvrage. Correspondante à Paris du quotidien italien La Republica, elle venait de s'installer dans le no arrondissement de la capitale avec ses enfants. lronie du sort, elle avait décidée de s'éloigner des théâtres de guerre pour exercer son métier de journaliste dans ce quartier calme. En moins d'un an, elle se retrouve a deux reprises prise au piège de la terreur : en janvier avec la tragédie de Charlie Hebdo, puis en novembre 2015, lors du massacre du Bataclan et des autres attentats dans Paris, a deux pas de chez elle.
SEQUENCES D'HUMANITE SANS PATHOS
Exercice cathartique, ce livre pour le moins singulier embrasse les évènements du 7 janvier a contre pied de la foison d'ouvrages qui paraissent sur ce thème depuis un an. Ici, pas d'enquête policière ni de démonstration d'experts sur les origines de la terreur islamiste ou L’anatomie de la nébuleuse djihadiste. Pas non plus de souci d'exhaustivité, juste un récit subjectifsans volonté de « spectaculariser» les faits. Des séquences d'humanité, des tranches de vie de citoyens lambda comme Patrick ou encore Michel Catalano, le patron de l'imprimerie CTD a Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) ou se sont réfugiés Saïd et Cherif Kouachi avant de tomber sous les balles du RAID.
Le style est sobre, parfois touchant, avec ces petites pointes d'émotion que le regard professionnel de l'auteure a su essaimer sans tomber dans Ie pathos. Car au-delà du retour sur cette journée tragique du 7 janvier, notre consoeur lui donne une épaisseur sociale. Elle voit en Patrick un héros anonyme parmi les derniers défenseurs de la presse écrite a i ‘heure ou son métier est méconnu et en voie de disparition. Elle voit aussi dans cette expérience une métaphore de l'industrie de la presse qui doute de son avenir en dépit de ventes élevées réalisées lors de tragédies nationales comme celles du 7 janvier et 13 novembre. _
Le Kiosquier de Charlie Anaïs Ginori,
Editions des Equateurs, 2016, 184 pages, 15€
1/16/2016
Cafe de Flore
مقالة جميلة لتسليمة نسرين
Taslima Nasreen: Les Dessinateurs de "Charlie Hebdo" et moi.
...Aujurd'hui, presque tout le monde se rangerait du cote de Charlie Hebdo. Tous critiquent les terroristes, arguant que leur vision de l'islam n'est pas fidele a l'esprit de cette religion et que le veritable islam n'offre aucune justification pour le meutre d'incroyants. Or rien de tout cela n'est vrai. De nombreux versets de sourates du Coran, notamment Al-Baqara, An-Nisa, Al-Anfalet Al-Tauba, mentionnent le fait de tuer ceux qui n'ont pas foi en l'islam. Il s'agit la de commandemants explicites adressses aux musulmans, a savoir de tuer les non-musulmans.
Dans "Charlie Hebdo" 6 janvier, 2016--special issue no 1224, p. 31
Taslima Nasreen: Les Dessinateurs de "Charlie Hebdo" et moi.
...Aujurd'hui, presque tout le monde se rangerait du cote de Charlie Hebdo. Tous critiquent les terroristes, arguant que leur vision de l'islam n'est pas fidele a l'esprit de cette religion et que le veritable islam n'offre aucune justification pour le meutre d'incroyants. Or rien de tout cela n'est vrai. De nombreux versets de sourates du Coran, notamment Al-Baqara, An-Nisa, Al-Anfalet Al-Tauba, mentionnent le fait de tuer ceux qui n'ont pas foi en l'islam. Il s'agit la de commandemants explicites adressses aux musulmans, a savoir de tuer les non-musulmans.
Dans "Charlie Hebdo" 6 janvier, 2016--special issue no 1224, p. 31
1/12/2016
De mon Appartement
Victor Hugo a ete exile, je crois.
Creve Charlie VIS CHARLIE --- Editorial de Riss le 6 janvier 2016
https://sites.google.com/site/thirtiethofnovember/creve-charlie--vie-charlie
Creve Charlie VIS CHARLIE --- Editorial de Riss le 6 janvier 2016
https://sites.google.com/site/thirtiethofnovember/creve-charlie--vie-charlie
1/09/2016
Cafe de Flore, 10 rue Nicholas Appert "le 10 Downing Street of Paris"
Cabu used to walk into the Charlie Hebdo meetings listening to RTL on a transistor radio.
12/24/2015
12/12/2015
Cafe de Flore, Quand les Femmes se disent
خسارة ان العرب في فراسا لا يعرفون احمد بي بللا و اقوالهو و لا افلن ريد وكتابه الذي ترجم الى العربية في المنادل وقت Jeunesse Communiste Revolutionaire كان يأيد الثورة ال كوبية بي 1975
Photo du Palais de Justice, et la Sainte Chapelle ou j’étais le 23 decembre
Photo du Palais de Justice, et la Sainte Chapelle ou j’étais le 23 decembre
Shati Tea and Falafel Gaza (Hofstadter)
Voila qu'il a fallu 13 Nov. et San Bernardino pour que Charlie Hebdo nous fasse se souvenir de ce horroble bouquin "d'histoire"qu'etait Hofsadter.
11/30/2015
Ground Operations, MacNamara Airport, Detroit coffee machines
While the Nespresso Coffee Machines seem to have taken over the world, here in Detroit, it is important to remember that the defense of working people being scapegoated is of primary importance. Hence we publish here from the Militant released yesterday.
Pendant que les machines a Cafe Nespresso semble avoir conquis tout le monde, ici a Detroit, il est important de se souvenir que la defense de femmes et hommes travaillants qui sont ciblee par l'opinion publique est d'importance primaire. Ainsi, nous reproduisons ici du Militant d'hier.
Année 79, no 44 le 7 décembre 2015
Réunion publique à New York : « Joignez-vous à la lutte contre l’offensive guerrière des États-Unis »
MAGGIE TROWE
NEW YORK — Le Parti socialiste des travailleurs mène une campagne communiste contre l’impérialisme et la guerre, a déclaré l’organisateur du SWP à New York, Norton Sandler, au cours d’une réunion publique spéciale qui s’est tenue le 21 novembre dans le nouveau local du parti. La réunion a eu lieu dans la foulée de l’escalade militaire au Moyen-Orient des dirigeants impérialistes à Washington, Paris et ailleurs, étroitement liée aux attaques contre les travailleurs et les droits politiques dans le pays.
« Les communistes font campagne contre l’offensive guerrière des États-Unis : Dénonçons l’espionnage des musulmans et des mosquées par les flics, » pouvait-on lire sur la banderole située derrière les orateurs. Ce cours vise à combattre les tentatives des dirigeants capitalistes d’utiliser les agressions terroristes réactionnaires de l’État islamique en France pour attaquer la classe ouvrière. Plus de 90 personnes ont assisté à la réunion.
« Salam-Aleikum, a dit Norton Sandler. C’est ce que le secrétaire national du SWP, Jack Barnes, a dit lors d’une grande réunion organisée par le parti peu après les attentats d’Al-Qaïda contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre 2001. »
Comme c’était le cas à l’époque, les attaques des dirigeants contre notre classe visent aujourd’hui principalement la section de la classe ouvrière qui est musulmane et arabe, a dit Norton Sandler. « Les communistes savent que les droits de la classe ouvrière sont toujours un enjeu lorsque les dirigeants capitalistes partent en guerre. »
Et l’offensive guerrière s’accélère à Washington, à Paris et dans d’autres capitales impérialistes, a dit Norton Sandler.
Vous voyez plus de soldats et de policiers dans les gares comme Penn Station et Grand Central Station, a-t-il dit. Et l’administration de Bill de Blasio à New York a ajouté 560 policiers antiterroristes de renseignement à un effectif qui est déjà supérieur à celui de la plupart des autres pays.
« Le Parti socialiste des travailleurs à New York a l’intention de visiter des mosquées et des quartiers musulmans, connaître les gens et leur apporter notre soutien, a-t-il dit sous les applaudissements. J’invite tous ceux qui voudraient se joindre à nous, à venir me voir et s’inscrire.
« Après le 11 septembre, nous avons discuté de comment les dirigeants et leur gouvernement veulent donner l’impression que la population aux États-Unis est composée d’un « nous » sans contenu de classe, a-t-il dit. La même chose est en train de se développer aux lendemains de l’attaque meurtrière à Paris. »
Le parlement français a voté massivement en faveur de l’imposition et de l’élargissement d’un état d’urgence de grande envergure qui donne de plus grands pouvoirs aux flics et étouffe les droits politiques, a dit Norton Sandler. Des centaines de descentes policières ont eu lieu en France, sans aucun mandat. Le gouvernement capitaliste français veut renforcer les dispositions légales anti-ouvrières adoptées au cours du combat meurtrier, mais raté, que l’impérialisme français a mené contre la lutte de libération algérienne dans les années 1950 et 1960. Elles permettent de mettre en œuvre des mesures de grande ampleur pour espionner et retirer la citoyenneté à ceux que le gouvernement désigne comme terroristes.
Au cours de la réunion, des débats ont porté sur plusieurs questions. Une participante a dit qu’à son avis le groupe terroriste et réactionnaire État islamique prenait de l’ampleur et a demandé quel pouvait être son attrait pour les jeunes et les travailleurs.
L’État islamique attire peu de jeunes
« Je ne pense pas qu’ils en attirent beaucoup, » a dit Jack Barnes, parlant de la salle. « Il y a des millions et des millions de Musulmans et d’Arabes en France. Seul un nombre infime est attiré par l’État islamique. Allez vendre le Militant dans les mosquées et les quartiers alentours. Vous ne trouverez pas beaucoup de gens favorables à l’État islamique. »
Jack Barnes a opposé la guerre d’indépendance de l’Algérie contre la France au développement du groupe brutal et anti-ouvrier qu’est l’État islamique.
L’État islamique a été construit par d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein, détruite par l’invasion US de l’Irak, qui se sont joints à une poignée de partisans terroristes d’Al-Qaïda, a dit Jack Barnes.
Les jeunes en Algérie se battaient pour leur indépendance contre l’extrême brutalité française. L’État islamique et ses attaques terroristes n’ont rien à voir avec cela, a-t-il dit. Il ressemble plus au régime meurtrier de Pol Pot au Cambodge dans les années 1970.
« Nous sommes dans une lente, lente dépression, a dit Norton Sandler. Vous ne voyez pas de queues pour obtenir du pain comme dans les années 1930, mais pour les travailleurs ce sont des conditions de dépression et les choses empirent. C’est ce qui motive les travailleurs à aller écouter des candidats comme Donald Trump ou Bernie Sanders, qui disent qu’ils sont différents. C’est pour cela que le Parti socialiste des travailleurs n’a jamais été autant écouté depuis des décennies. »
Les luttes de la classe ouvrière
Le renforcement des luttes de la classe ouvrière fait partie intégrante de la lutte contre l’impérialisme et la guerre, a dit Norton Sandler. « Le SWP cherche à aider à diriger et développer les luttes, à gagner la solidarité et accroître la confiance en soi. Nous faisons partie des grèves des employés des aéroports, de la lutte pour 15 $ de l’heure des travailleurs de la restauration rapide et d’autres employés. Nous faisons partie de la grève des Travailleurs unis de l’automobile contre la double échelle de salaires de la compagnie Kohler, au Wisconsin, de la lutte des Métallos contre le lock-out de 95 jours par Allegheny Technologies et contre les concessions exigées par US Steel et ArcelorMittal. »
Naomi Craine, une dirigeante du parti à New York, présidait la réunion. Elle a présenté plusieurs personnes actives dans les luttes ouvrières et sociales : Denise Barlage, membre de l’organisation OUR Walmart (Organisation unie pour le respect chez Walmart) et qui fait partie d’une délégation en tournée aux États-Unis dans le but de rallier davantage de soutien pour les actions du Black Friday [journée de soldes dans les commerces nord-américains] pour obtenir 15 $ et des emplois à temps plein ; Vonie Long, président de la section 1165 du syndicat des Métallos à Coatesville, en Pennsylvanie, qui lutte contre les demandes de concessions patronales et qui organise le soutien aux travailleurs en lock-out à Allegheny Technologies ; et Ikea Coney, qui est active dans la lutte contre la brutalité policière et dont le fils, Darrin Manning, a été battu par les flics de Philadelphie l’an dernier.
La lutte contre l’antisémitisme et la haine des Juifs est une question brûlante aux États-Unis et partout dans le monde, a ajouté Norton Sandler. « Le Parti socialiste des travailleurs insiste sur le fait qu’Israël a le droit d’exister. Nous soutenons les justes revendications du peuple palestinien contre l’oppression imposée par le gouvernement israélien ainsi que pour un État palestinien contigu. Nous disons que les Juifs de partout dans le monde qui se sentent menacés doivent pouvoir retourner en Israël. »
Osborne Hart, le candidat du Parti socialiste des travailleurs à la mairie de Philadelphie en 2015, a décrit de quelle façon les partisans de la campagne ont représenté la classe ouvrière lors des élections, en se joignant aux piquets de grève et luttes des travailleurs, depuis la défense de la Loi américaine pour les personnes handicapées jusqu’à la lutte contre la brutalité policière. Il a remercié les partisans à New York et ailleurs pour leur aide lors de la campagne électorale et à la campagne de plusieurs semaines pour recueillir près de 3 000 signatures dans les quartiers ouvriers, permettant ainsi d’inscrire Osborne Hart et John Staggs au scrutin électoral pour le conseil municipal.
Depuis l’élection du 3 novembre, Osborne Hart, John Staggs et les partisans du SWP ont participé aux actions du 10 novembre pour la lutte pour 15 $ de l’heure, à la grève des travailleurs des aéroports et à la manifestation des travailleurs des communications contre les demandes de concession de Verizon, a-t-il dit.
« Nous préconisons l’action politique indépendante, la formation d’un parti ouvrier basé sur les syndicats, a indiqué Osborne Hart, et nous cherchons à renforcer la confiance en soi et la capacité de reconnaître ceux qui sont nos alliés et ceux qui ne le sont pas. »
Une exposition spéciale de photos mettait en évidence les faits marquants de la campagne électorale à Philadelphie, y compris plusieurs articles de journaux sur la campagne d’Osborne Hart et de John Staggs.
La construction d’un mouvement international
« Notre perspective est de construire un mouvement communiste international de partis comme le SWP, » a affirmé Steve Clark, un dirigeant du SWP à New York qui faisait partie du panel des orateurs. Notre parti frère, le Parti socialiste des travailleurs [HVK] d’Iran, avait été forgé par les mobilisations de masse en Iran en 1978 contre le régime brutal et anti ouvrier du shah, soutenu par les États-Unis.
« Le HVK en Iran était une organisation de communistes recrutés et formés par le SWP aux États-Unis, a dit Steve Clark. C’était, à l’instar de son homologue américain, un parti imprégné et inspiré par les leçons et l’exemple de la révolution cubaine. »
Steve Clark a décrit la participation du HVK iranien dans le soulèvement massif de février 1979 qui a renversé le shah, dans la mise sur pied des comités d’usines et des quartiers et dans le combat, les armes à la main, contre l’invasion de l’Iran par le régime irakien de Saddam [Hussein] en 1980. Le HVK iranien a été pratiquement la seule voix en défense de la lutte de libération des Kurdes en Iran, en Turquie, en Syrie et en Irak, ainsi qu’en défense des autres nationalités opprimées. Il a pris part aux grèves dans l’industrie pétrolière de la région arabe autour d’Ispahan et aux manifestations pour les droits des femmes. Le HVK s’était aussi présenté à l’élection présidentielle de l’Iran en 1980.
« Ce parti a donné un exemple du genre de campagne et du genre de voix pour la classe ouvrière et les opprimés que la campagne électorale du SWP 2016 peut apporter, » a ajouté Steve Clark.
La contre-révolution des années 1980 en Iran n’a pas écrasé la classe ouvrière ni éteint la voix du communisme, a-t-il dit. La maison d’édition Talaye Porsoo a publié plus de 40 livres de Pathfinder en langue persane et elle a vendu plus de 50 000 exemplaires de livres contenant une perspective communiste en Iran et dans l’ensemble de la région, y compris en Afghanistan et dans les régions kurdes.
Des bénévoles avaient préparé un délicieux repas pour la réunion publique. Une collecte a permis de recueillir presque 9 000 $ pour construire le parti.
Norton Sandler a annoncé que le bureau de la campagne présidentielle du Parti socialiste des travailleurs 2016 sera situé dans les locaux de New York.
❖ ❖ ❖
Vol. 79/No. 44 December 7, 2015
(front page)
New York meeting: ‘Join fight against US war drive’
BY MAGGIE TROWE
NEW YORK — The Socialist Workers Party is carrying out a communist campaign against imperialism and war, New York SWP organizer Norton Sandler told a special meeting at the party’s new hall here Nov. 21. The meeting came on the heels of escalating war moves in the Middle East by imperialist rulers in Washington, Paris and elsewhere, intertwined with assaults on workers and political rights at home.
“Communists Campaign Against U.S. War Drive: Protest Cop Spying on Muslims and Mosques,” read the banner behind the speakers, a course to combat the rulers’ efforts to take advantage of reactionary terror assaults by Islamic State in France to attack the working class. More than 90 people attended the meeting.
“As-Salaam-Alaikum,” Sandler said. “That’s what SWP National Secretary Jack Barnes said when he spoke at a big party-sponsored meeting shortly after the Sept. 11, 2001, al-Qaeda-organized attacks on the World Trade Center and the Pentagon.”
In their assault on our class, the rulers’ biggest target then, and now, is the section of the working class who are Muslims and Arabs, Sandler said. “Communists know the rights of the working class are what is always at stake when the capitalist rulers go to war.”
And the drive to war is being ramped up, Sandler said, in Washington, Paris and other imperialist capitals.
You see more soldiers and cops in Penn Station and Grand Central Station, he said. And the Bill de Blasio administration in New York is adding 560 counterterrorism intelligence cops to what is already a larger force than most countries have.
“The New York Socialist Workers Party plans to visit mosques and Muslim communities, get to know people and lend our support,” he said to applause. “I invite anyone who would like to join in to see me and sign up.”
“After Sept. 11 we discussed how the rulers and their government would try to make it sound like a classless ‘we’ made up the U.S. populace,” he said. “The same thing is developing in the wake of the murderous attack in Paris.”
The French legislature voted overwhelmingly to impose and extend a far-reaching state of emergency that gives cops more sweeping powers and guts political rights, Sandler said. There have been hundreds of raids inside France, with no warrant required. The French capitalist government wants to reinforce anti-working-class statutes, passed during French imperialism’s bloody but failed fight against the Algerian liberation struggle in the 1950s and ’60s, that allow for far-reaching spying and stripping citizenship from those named as terrorists.
The meeting featured debate on several questions. One participant said it was her opinion that the reactionary, terrorist Islamic State was growing and asked what was its attraction for young people and workers.
Islamic State attracts few youth
“I don’t think they attract many at all,” said Barnes, speaking from the audience. “There are millions and millions of Muslims and Arabs in France. Only a miniscule number are attracted to Islamic State. Go and sell the Militant at mosques and neighborhoods around them. You won’t find many favorable to Islamic State.”
Barnes contrasted the Algerian war for independence from France to the development of the brutal anti-working-class Islamic State.
IS was built by former officers from Saddam Hussein’s army — broken up by the U.S. invasion of Iraq — who merged with a handful of al-Qaeda terror adherents, Barnes said.
Young people in Algeria were fighting for their independence against extreme French brutality. Islamic State and its terror attacks has nothing to do with that, he said. It’s more like the murderous Pol Pot regime in Cambodia in the 1970s.
“We’re in a slow, slow depression,” Sandler said, “You don’t have bread lines like the 1930s, but it is depression conditions for working people and things are getting worse. That’s what motivates workers to go hear candidates like Donald Trump or Bernie Sanders, who say they’re something different, and why the Socialist Workers Party gets more of a hearing than in decades.”
Working-class struggles
Strengthening working-class struggles is part and parcel of the fight against imperialism and war, Sandler said. “The SWP tries to help lead and expand the struggles, win solidarity and increase confidence. We are part of strikes by airport workers, the fight for $15 an hour by fast-food and other workers. We are part of the United Auto Workers striking against two-tier wages at Kohler Co. in Wisconsin, the fight of Steelworkers against the 95-day lockout by Allegheny Technologies and against U.S. Steel and ArcelorMittal’s concession demands.”
Naomi Craine, a leader of the party in New York, chaired the meeting. She introduced several people active in labor and social struggles — Denise Barlage, a member of OUR Walmart (Organization United for Respect at Walmart), who is part of a delegation touring the U.S. to build support for Black Friday actions calling for $15 and full-time hours; Vonie Long, president of United Steelworkers Local 1165 in Coatesville, Pennsylvania, that is fighting concession demands from the bosses and organizing support for locked-out workers at Allegheny Technologies Inc.; and Ikea Coney, who has been active in the fight against police brutality and whose son Darrin Manning was beaten by Philadelphia cops last year.
The fight against anti-Semitism and Jew-hatred is a burning question in the U.S. and the world, Sandler said. “The Socialist Workers Party insists that Israel has the right to exist. We support the just demands of the Palestinian people against oppression by the Israeli government and their demand for a contiguous Palestinian state. We say that Jews from anywhere in the world who feel under attack must be able to return to Israel.”
Osborne Hart, Socialist Workers Party candidate for mayor of Philadelphia in 2015, described how campaigners spoke for the working class in the election, joining in workers’ pickets and struggles, from defense of the Americans with Disabilities Act to the fight against police brutality. He thanked supporters in New York and elsewhere for their help campaigning there and in the several-week effort to collect nearly 3,000 signatures in workers districts to put Hart and John Staggs for City Council on the ballot.
Since the Nov. 3 election Hart, Staggs and SWP supporters have been part of the Nov. 10 Fight for $15 actions, the airport workers’ strike and the Communications Workers protest against Verizon’s concession demands,” he said.
“We advocate independent political action, the formation of a labor party based on the unions,” Hart said, “and we help build confidence and consciousness of who are our allies and who are not.”
A special display at the meeting featured highlights of the Philadelphia campaign, including considerable press coverage Hart and Staggs received.
Building an international movement
“Our perspective is to build a communist world movement of parties like the SWP,” said Steve Clark, a leader of SWP in New York and member of the speakers’ panel. Our sister party, the Socialist Workers Party of Iran, was forged there through the mass mobilizations in 1978 against the brutal anti-working-class regime of the U.S.-backed Shah.
“The SWP in Iran was an organization of communists recruited and trained in the U.S., in the SWP here,” Clark said. “It was, like its U.S. counterpart, a party imbued and inspired by the lessons and example of the Cuban Revolution.”
Clark described how the Iranian SWP took part in the massive uprising in February 1979 that toppled the Shah, set up workers councils in factories and neighborhoods and fought, arms in hand, against the invasion of Iran by Saddam’s Iraqi regime in 1980. The Iranian SWP was virtually the only voice in defense of the Kurdish liberation struggle in Iran, Turkey, Syria and Iraq, and in defense of other oppressed nationalities. It took part in oil strikes in the Arab region around Isfahan and in demonstrations for women’s rights. The SWP ran for president of Iran in 1980, and was on the ballot.
“That party set an example of the kind of campaign, the kind of voice for the working class and oppressed that the SWP 2016 campaign can be,” Clark said.
The 1980s counterrevolution in Iran didn’t crush the working class or silence the voice of communism, he said. The Talaye Porsoo publishing house has produced more than 40 Pathfinder titles in Farsi and sold more than 50,000 copies of books with a communist perspective in Iran and the broader region, including in Afghanistan and Kurdish regions.
Volunteers prepared a delicious meal for the meeting. A collection raised nearly $9,000 to build the party.
The New York hall, Sandler announced, will be the headquarters of the Socialist Workers Party 2016 presidential campaign.
Pendant que les machines a Cafe Nespresso semble avoir conquis tout le monde, ici a Detroit, il est important de se souvenir que la defense de femmes et hommes travaillants qui sont ciblee par l'opinion publique est d'importance primaire. Ainsi, nous reproduisons ici du Militant d'hier.
Année 79, no 44 le 7 décembre 2015
Réunion publique à New York : « Joignez-vous à la lutte contre l’offensive guerrière des États-Unis »
MAGGIE TROWE
NEW YORK — Le Parti socialiste des travailleurs mène une campagne communiste contre l’impérialisme et la guerre, a déclaré l’organisateur du SWP à New York, Norton Sandler, au cours d’une réunion publique spéciale qui s’est tenue le 21 novembre dans le nouveau local du parti. La réunion a eu lieu dans la foulée de l’escalade militaire au Moyen-Orient des dirigeants impérialistes à Washington, Paris et ailleurs, étroitement liée aux attaques contre les travailleurs et les droits politiques dans le pays.
« Les communistes font campagne contre l’offensive guerrière des États-Unis : Dénonçons l’espionnage des musulmans et des mosquées par les flics, » pouvait-on lire sur la banderole située derrière les orateurs. Ce cours vise à combattre les tentatives des dirigeants capitalistes d’utiliser les agressions terroristes réactionnaires de l’État islamique en France pour attaquer la classe ouvrière. Plus de 90 personnes ont assisté à la réunion.
« Salam-Aleikum, a dit Norton Sandler. C’est ce que le secrétaire national du SWP, Jack Barnes, a dit lors d’une grande réunion organisée par le parti peu après les attentats d’Al-Qaïda contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre 2001. »
Comme c’était le cas à l’époque, les attaques des dirigeants contre notre classe visent aujourd’hui principalement la section de la classe ouvrière qui est musulmane et arabe, a dit Norton Sandler. « Les communistes savent que les droits de la classe ouvrière sont toujours un enjeu lorsque les dirigeants capitalistes partent en guerre. »
Et l’offensive guerrière s’accélère à Washington, à Paris et dans d’autres capitales impérialistes, a dit Norton Sandler.
Vous voyez plus de soldats et de policiers dans les gares comme Penn Station et Grand Central Station, a-t-il dit. Et l’administration de Bill de Blasio à New York a ajouté 560 policiers antiterroristes de renseignement à un effectif qui est déjà supérieur à celui de la plupart des autres pays.
« Le Parti socialiste des travailleurs à New York a l’intention de visiter des mosquées et des quartiers musulmans, connaître les gens et leur apporter notre soutien, a-t-il dit sous les applaudissements. J’invite tous ceux qui voudraient se joindre à nous, à venir me voir et s’inscrire.
« Après le 11 septembre, nous avons discuté de comment les dirigeants et leur gouvernement veulent donner l’impression que la population aux États-Unis est composée d’un « nous » sans contenu de classe, a-t-il dit. La même chose est en train de se développer aux lendemains de l’attaque meurtrière à Paris. »
Le parlement français a voté massivement en faveur de l’imposition et de l’élargissement d’un état d’urgence de grande envergure qui donne de plus grands pouvoirs aux flics et étouffe les droits politiques, a dit Norton Sandler. Des centaines de descentes policières ont eu lieu en France, sans aucun mandat. Le gouvernement capitaliste français veut renforcer les dispositions légales anti-ouvrières adoptées au cours du combat meurtrier, mais raté, que l’impérialisme français a mené contre la lutte de libération algérienne dans les années 1950 et 1960. Elles permettent de mettre en œuvre des mesures de grande ampleur pour espionner et retirer la citoyenneté à ceux que le gouvernement désigne comme terroristes.
Au cours de la réunion, des débats ont porté sur plusieurs questions. Une participante a dit qu’à son avis le groupe terroriste et réactionnaire État islamique prenait de l’ampleur et a demandé quel pouvait être son attrait pour les jeunes et les travailleurs.
L’État islamique attire peu de jeunes
« Je ne pense pas qu’ils en attirent beaucoup, » a dit Jack Barnes, parlant de la salle. « Il y a des millions et des millions de Musulmans et d’Arabes en France. Seul un nombre infime est attiré par l’État islamique. Allez vendre le Militant dans les mosquées et les quartiers alentours. Vous ne trouverez pas beaucoup de gens favorables à l’État islamique. »
Jack Barnes a opposé la guerre d’indépendance de l’Algérie contre la France au développement du groupe brutal et anti-ouvrier qu’est l’État islamique.
L’État islamique a été construit par d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein, détruite par l’invasion US de l’Irak, qui se sont joints à une poignée de partisans terroristes d’Al-Qaïda, a dit Jack Barnes.
Les jeunes en Algérie se battaient pour leur indépendance contre l’extrême brutalité française. L’État islamique et ses attaques terroristes n’ont rien à voir avec cela, a-t-il dit. Il ressemble plus au régime meurtrier de Pol Pot au Cambodge dans les années 1970.
« Nous sommes dans une lente, lente dépression, a dit Norton Sandler. Vous ne voyez pas de queues pour obtenir du pain comme dans les années 1930, mais pour les travailleurs ce sont des conditions de dépression et les choses empirent. C’est ce qui motive les travailleurs à aller écouter des candidats comme Donald Trump ou Bernie Sanders, qui disent qu’ils sont différents. C’est pour cela que le Parti socialiste des travailleurs n’a jamais été autant écouté depuis des décennies. »
Les luttes de la classe ouvrière
Le renforcement des luttes de la classe ouvrière fait partie intégrante de la lutte contre l’impérialisme et la guerre, a dit Norton Sandler. « Le SWP cherche à aider à diriger et développer les luttes, à gagner la solidarité et accroître la confiance en soi. Nous faisons partie des grèves des employés des aéroports, de la lutte pour 15 $ de l’heure des travailleurs de la restauration rapide et d’autres employés. Nous faisons partie de la grève des Travailleurs unis de l’automobile contre la double échelle de salaires de la compagnie Kohler, au Wisconsin, de la lutte des Métallos contre le lock-out de 95 jours par Allegheny Technologies et contre les concessions exigées par US Steel et ArcelorMittal. »
Naomi Craine, une dirigeante du parti à New York, présidait la réunion. Elle a présenté plusieurs personnes actives dans les luttes ouvrières et sociales : Denise Barlage, membre de l’organisation OUR Walmart (Organisation unie pour le respect chez Walmart) et qui fait partie d’une délégation en tournée aux États-Unis dans le but de rallier davantage de soutien pour les actions du Black Friday [journée de soldes dans les commerces nord-américains] pour obtenir 15 $ et des emplois à temps plein ; Vonie Long, président de la section 1165 du syndicat des Métallos à Coatesville, en Pennsylvanie, qui lutte contre les demandes de concessions patronales et qui organise le soutien aux travailleurs en lock-out à Allegheny Technologies ; et Ikea Coney, qui est active dans la lutte contre la brutalité policière et dont le fils, Darrin Manning, a été battu par les flics de Philadelphie l’an dernier.
La lutte contre l’antisémitisme et la haine des Juifs est une question brûlante aux États-Unis et partout dans le monde, a ajouté Norton Sandler. « Le Parti socialiste des travailleurs insiste sur le fait qu’Israël a le droit d’exister. Nous soutenons les justes revendications du peuple palestinien contre l’oppression imposée par le gouvernement israélien ainsi que pour un État palestinien contigu. Nous disons que les Juifs de partout dans le monde qui se sentent menacés doivent pouvoir retourner en Israël. »
Osborne Hart, le candidat du Parti socialiste des travailleurs à la mairie de Philadelphie en 2015, a décrit de quelle façon les partisans de la campagne ont représenté la classe ouvrière lors des élections, en se joignant aux piquets de grève et luttes des travailleurs, depuis la défense de la Loi américaine pour les personnes handicapées jusqu’à la lutte contre la brutalité policière. Il a remercié les partisans à New York et ailleurs pour leur aide lors de la campagne électorale et à la campagne de plusieurs semaines pour recueillir près de 3 000 signatures dans les quartiers ouvriers, permettant ainsi d’inscrire Osborne Hart et John Staggs au scrutin électoral pour le conseil municipal.
Depuis l’élection du 3 novembre, Osborne Hart, John Staggs et les partisans du SWP ont participé aux actions du 10 novembre pour la lutte pour 15 $ de l’heure, à la grève des travailleurs des aéroports et à la manifestation des travailleurs des communications contre les demandes de concession de Verizon, a-t-il dit.
« Nous préconisons l’action politique indépendante, la formation d’un parti ouvrier basé sur les syndicats, a indiqué Osborne Hart, et nous cherchons à renforcer la confiance en soi et la capacité de reconnaître ceux qui sont nos alliés et ceux qui ne le sont pas. »
Une exposition spéciale de photos mettait en évidence les faits marquants de la campagne électorale à Philadelphie, y compris plusieurs articles de journaux sur la campagne d’Osborne Hart et de John Staggs.
La construction d’un mouvement international
« Notre perspective est de construire un mouvement communiste international de partis comme le SWP, » a affirmé Steve Clark, un dirigeant du SWP à New York qui faisait partie du panel des orateurs. Notre parti frère, le Parti socialiste des travailleurs [HVK] d’Iran, avait été forgé par les mobilisations de masse en Iran en 1978 contre le régime brutal et anti ouvrier du shah, soutenu par les États-Unis.
« Le HVK en Iran était une organisation de communistes recrutés et formés par le SWP aux États-Unis, a dit Steve Clark. C’était, à l’instar de son homologue américain, un parti imprégné et inspiré par les leçons et l’exemple de la révolution cubaine. »
Steve Clark a décrit la participation du HVK iranien dans le soulèvement massif de février 1979 qui a renversé le shah, dans la mise sur pied des comités d’usines et des quartiers et dans le combat, les armes à la main, contre l’invasion de l’Iran par le régime irakien de Saddam [Hussein] en 1980. Le HVK iranien a été pratiquement la seule voix en défense de la lutte de libération des Kurdes en Iran, en Turquie, en Syrie et en Irak, ainsi qu’en défense des autres nationalités opprimées. Il a pris part aux grèves dans l’industrie pétrolière de la région arabe autour d’Ispahan et aux manifestations pour les droits des femmes. Le HVK s’était aussi présenté à l’élection présidentielle de l’Iran en 1980.
« Ce parti a donné un exemple du genre de campagne et du genre de voix pour la classe ouvrière et les opprimés que la campagne électorale du SWP 2016 peut apporter, » a ajouté Steve Clark.
La contre-révolution des années 1980 en Iran n’a pas écrasé la classe ouvrière ni éteint la voix du communisme, a-t-il dit. La maison d’édition Talaye Porsoo a publié plus de 40 livres de Pathfinder en langue persane et elle a vendu plus de 50 000 exemplaires de livres contenant une perspective communiste en Iran et dans l’ensemble de la région, y compris en Afghanistan et dans les régions kurdes.
Des bénévoles avaient préparé un délicieux repas pour la réunion publique. Une collecte a permis de recueillir presque 9 000 $ pour construire le parti.
Norton Sandler a annoncé que le bureau de la campagne présidentielle du Parti socialiste des travailleurs 2016 sera situé dans les locaux de New York.
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Vol. 79/No. 44 December 7, 2015
(front page)
New York meeting: ‘Join fight against US war drive’
BY MAGGIE TROWE
NEW YORK — The Socialist Workers Party is carrying out a communist campaign against imperialism and war, New York SWP organizer Norton Sandler told a special meeting at the party’s new hall here Nov. 21. The meeting came on the heels of escalating war moves in the Middle East by imperialist rulers in Washington, Paris and elsewhere, intertwined with assaults on workers and political rights at home.
“Communists Campaign Against U.S. War Drive: Protest Cop Spying on Muslims and Mosques,” read the banner behind the speakers, a course to combat the rulers’ efforts to take advantage of reactionary terror assaults by Islamic State in France to attack the working class. More than 90 people attended the meeting.
“As-Salaam-Alaikum,” Sandler said. “That’s what SWP National Secretary Jack Barnes said when he spoke at a big party-sponsored meeting shortly after the Sept. 11, 2001, al-Qaeda-organized attacks on the World Trade Center and the Pentagon.”
In their assault on our class, the rulers’ biggest target then, and now, is the section of the working class who are Muslims and Arabs, Sandler said. “Communists know the rights of the working class are what is always at stake when the capitalist rulers go to war.”
And the drive to war is being ramped up, Sandler said, in Washington, Paris and other imperialist capitals.
You see more soldiers and cops in Penn Station and Grand Central Station, he said. And the Bill de Blasio administration in New York is adding 560 counterterrorism intelligence cops to what is already a larger force than most countries have.
“The New York Socialist Workers Party plans to visit mosques and Muslim communities, get to know people and lend our support,” he said to applause. “I invite anyone who would like to join in to see me and sign up.”
“After Sept. 11 we discussed how the rulers and their government would try to make it sound like a classless ‘we’ made up the U.S. populace,” he said. “The same thing is developing in the wake of the murderous attack in Paris.”
The French legislature voted overwhelmingly to impose and extend a far-reaching state of emergency that gives cops more sweeping powers and guts political rights, Sandler said. There have been hundreds of raids inside France, with no warrant required. The French capitalist government wants to reinforce anti-working-class statutes, passed during French imperialism’s bloody but failed fight against the Algerian liberation struggle in the 1950s and ’60s, that allow for far-reaching spying and stripping citizenship from those named as terrorists.
The meeting featured debate on several questions. One participant said it was her opinion that the reactionary, terrorist Islamic State was growing and asked what was its attraction for young people and workers.
Islamic State attracts few youth
“I don’t think they attract many at all,” said Barnes, speaking from the audience. “There are millions and millions of Muslims and Arabs in France. Only a miniscule number are attracted to Islamic State. Go and sell the Militant at mosques and neighborhoods around them. You won’t find many favorable to Islamic State.”
Barnes contrasted the Algerian war for independence from France to the development of the brutal anti-working-class Islamic State.
IS was built by former officers from Saddam Hussein’s army — broken up by the U.S. invasion of Iraq — who merged with a handful of al-Qaeda terror adherents, Barnes said.
Young people in Algeria were fighting for their independence against extreme French brutality. Islamic State and its terror attacks has nothing to do with that, he said. It’s more like the murderous Pol Pot regime in Cambodia in the 1970s.
“We’re in a slow, slow depression,” Sandler said, “You don’t have bread lines like the 1930s, but it is depression conditions for working people and things are getting worse. That’s what motivates workers to go hear candidates like Donald Trump or Bernie Sanders, who say they’re something different, and why the Socialist Workers Party gets more of a hearing than in decades.”
Working-class struggles
Strengthening working-class struggles is part and parcel of the fight against imperialism and war, Sandler said. “The SWP tries to help lead and expand the struggles, win solidarity and increase confidence. We are part of strikes by airport workers, the fight for $15 an hour by fast-food and other workers. We are part of the United Auto Workers striking against two-tier wages at Kohler Co. in Wisconsin, the fight of Steelworkers against the 95-day lockout by Allegheny Technologies and against U.S. Steel and ArcelorMittal’s concession demands.”
Naomi Craine, a leader of the party in New York, chaired the meeting. She introduced several people active in labor and social struggles — Denise Barlage, a member of OUR Walmart (Organization United for Respect at Walmart), who is part of a delegation touring the U.S. to build support for Black Friday actions calling for $15 and full-time hours; Vonie Long, president of United Steelworkers Local 1165 in Coatesville, Pennsylvania, that is fighting concession demands from the bosses and organizing support for locked-out workers at Allegheny Technologies Inc.; and Ikea Coney, who has been active in the fight against police brutality and whose son Darrin Manning was beaten by Philadelphia cops last year.
The fight against anti-Semitism and Jew-hatred is a burning question in the U.S. and the world, Sandler said. “The Socialist Workers Party insists that Israel has the right to exist. We support the just demands of the Palestinian people against oppression by the Israeli government and their demand for a contiguous Palestinian state. We say that Jews from anywhere in the world who feel under attack must be able to return to Israel.”
Osborne Hart, Socialist Workers Party candidate for mayor of Philadelphia in 2015, described how campaigners spoke for the working class in the election, joining in workers’ pickets and struggles, from defense of the Americans with Disabilities Act to the fight against police brutality. He thanked supporters in New York and elsewhere for their help campaigning there and in the several-week effort to collect nearly 3,000 signatures in workers districts to put Hart and John Staggs for City Council on the ballot.
Since the Nov. 3 election Hart, Staggs and SWP supporters have been part of the Nov. 10 Fight for $15 actions, the airport workers’ strike and the Communications Workers protest against Verizon’s concession demands,” he said.
“We advocate independent political action, the formation of a labor party based on the unions,” Hart said, “and we help build confidence and consciousness of who are our allies and who are not.”
A special display at the meeting featured highlights of the Philadelphia campaign, including considerable press coverage Hart and Staggs received.
Building an international movement
“Our perspective is to build a communist world movement of parties like the SWP,” said Steve Clark, a leader of SWP in New York and member of the speakers’ panel. Our sister party, the Socialist Workers Party of Iran, was forged there through the mass mobilizations in 1978 against the brutal anti-working-class regime of the U.S.-backed Shah.
“The SWP in Iran was an organization of communists recruited and trained in the U.S., in the SWP here,” Clark said. “It was, like its U.S. counterpart, a party imbued and inspired by the lessons and example of the Cuban Revolution.”
Clark described how the Iranian SWP took part in the massive uprising in February 1979 that toppled the Shah, set up workers councils in factories and neighborhoods and fought, arms in hand, against the invasion of Iran by Saddam’s Iraqi regime in 1980. The Iranian SWP was virtually the only voice in defense of the Kurdish liberation struggle in Iran, Turkey, Syria and Iraq, and in defense of other oppressed nationalities. It took part in oil strikes in the Arab region around Isfahan and in demonstrations for women’s rights. The SWP ran for president of Iran in 1980, and was on the ballot.
“That party set an example of the kind of campaign, the kind of voice for the working class and oppressed that the SWP 2016 campaign can be,” Clark said.
The 1980s counterrevolution in Iran didn’t crush the working class or silence the voice of communism, he said. The Talaye Porsoo publishing house has produced more than 40 Pathfinder titles in Farsi and sold more than 50,000 copies of books with a communist perspective in Iran and the broader region, including in Afghanistan and Kurdish regions.
Volunteers prepared a delicious meal for the meeting. A collection raised nearly $9,000 to build the party.
The New York hall, Sandler announced, will be the headquarters of the Socialist Workers Party 2016 presidential campaign.
11/25/2015
Cafe de Flore, Paris Princeton PAAF Thanksgiving 24-11 which I missed
j'ai manque le dîner a 43 euros avec les princetoniens du PAAF, mais le jour avant Thanksgiving, j'ai eu ce commentaire dans le nouveau Charlie Hebdo du 25 nov. pour me donner une idee des femmes de Princeton maintenant--etudiantes pour lesquelles nous avons fait grève symbolique pour que cette université ne soit plus ségrégée par sexe
Philippe Lançon a Princeton: "Pendant le debat, les Unes de Charlie étaient projetées sur un grand écran --depuis celle de Cabu en 2006 jusqu’à celle de Coco la semaine passée, cette victime trouée de balles que le talent de mon amie a transformée en mannequin a champagne -- en fontaine de plaisir et de jouvence." ILS ONT LES ARMES. ON LES EMMERDE. ...ON A LE CHAMPAGNE
...A la fin, une Américaine est venue me voir, souriante. Elle m'a dit qu'il était a la fois difficile et indispensable de rire de ces horreurs, qu'on sentait dans la Une de Coco l'effort du trait pour échapper au désespoir. La lutte pour la civilisation ne peut malheureusement pas se résumer a une bouteille de champagne, m'a-t-elle dit. Non, ai-je répondu, et personne ne le croit, mais c'est un bon début.
C'est une coïncidence curieuse, mais le même jour je suis allé a 84 Boulevard Ney, Metro Porte de Clignancouts ligne 4 de la Préfecture de Paris, Cite,pour me renseigner sur l'echange de permis de conduire. C'est la aussi l'endroit pour la carte de séjour pour les étudiants étrangers.
Philippe Lançon a Princeton: "Pendant le debat, les Unes de Charlie étaient projetées sur un grand écran --depuis celle de Cabu en 2006 jusqu’à celle de Coco la semaine passée, cette victime trouée de balles que le talent de mon amie a transformée en mannequin a champagne -- en fontaine de plaisir et de jouvence." ILS ONT LES ARMES. ON LES EMMERDE. ...ON A LE CHAMPAGNE
...A la fin, une Américaine est venue me voir, souriante. Elle m'a dit qu'il était a la fois difficile et indispensable de rire de ces horreurs, qu'on sentait dans la Une de Coco l'effort du trait pour échapper au désespoir. La lutte pour la civilisation ne peut malheureusement pas se résumer a une bouteille de champagne, m'a-t-elle dit. Non, ai-je répondu, et personne ne le croit, mais c'est un bon début.
C'est une coïncidence curieuse, mais le même jour je suis allé a 84 Boulevard Ney, Metro Porte de Clignancouts ligne 4 de la Préfecture de Paris, Cite,pour me renseigner sur l'echange de permis de conduire. C'est la aussi l'endroit pour la carte de séjour pour les étudiants étrangers.
10/24/2015
9/22/2015
Einstein Cafe Berlin : de mon apartment
retour d'Allemagne...correction du slogan, " ...les frontieres": doit être "soyons tous dans des syndiques d'ouvriers et construisons des centres, des logements, des ecoles, etc. pour tous
7/22/2015
Sport -Fishawi, Cairo
Un Érythréen sur le tour de France! Enfin un coureur pas dopé ...mais bien entraîné
Charlie Hebdo No 1199, 15 juillet
Et le 21 en montant le col vers Gap il était le septième!
a Louvre, et Gaugin peintures d'ancêtres
Fishawi, Jeddah - Fishawi Cairo
Ah, les saoudiens, pourquoi ils attaquent le Yemen? Ce pression des intégristes (et leur philosophie anti-Shi'a, créé par Lord Cromer, régent de l'Egypte et "The Talisman" de Sir Walter Scott) pèse sur le gouvernement saoudien et le FORCE d'etre anti Shi'a , et ainsi, le pression integriste fait en sorte que L'ArabieSaoudite devienne, elle meme, un soutien a EI et les Frères Musulmans, leur pires ennemies.
Shati Tea and Falafel Shop, Gaza
"Que ces fripouilles lisent des romans!"
Charlie Hebdo 15juillet, 2015 No. 1199
ma vente sur e-bay fr
"J'ai toujours trouvé plus de substance politique -- plus de pensée, mais aussi plus de coeur -- dans Dostoievski, dans Kafka, dans Parec, dans Beckett ou dans Tarkos (le plus grand poète français de ces vingt dernières années) que dans les débats radiophoniques organises pour ces fripouilles désemparees qu'on appelle des politiciens" Papier Buvard, Yannick Haenel, p13
Charlie Hebdo 15juillet, 2015 No. 1199
ma vente sur e-bay fr
"J'ai toujours trouvé plus de substance politique -- plus de pensée, mais aussi plus de coeur -- dans Dostoievski, dans Kafka, dans Parec, dans Beckett ou dans Tarkos (le plus grand poète français de ces vingt dernières années) que dans les débats radiophoniques organises pour ces fripouilles désemparees qu'on appelle des politiciens" Papier Buvard, Yannick Haenel, p13
7/13/2015
fishawi, Jeddah
The Khalifate...Da'esh claims it is restoring the Khlifate, as if it is doing one of the continuing--to this day!-- PhD theses at Oxford, or Princeton on the decline of the Ottoman Empire. Piiful result of decades of efforts by pro-Israeli professors to show that medieval Islam was anti-religious minorities, misinterpreting the position of "dhimmis" to be a stigma in the societies of medieval Islam as awful as the stigma towards Jews under national-socialism of Hitler.
From the PhD theses at Princeton, Oxford and Harvard under the perverted leadership of people like Bernard Lewis, studying the restoring the Khalifate and the position of the 'dhimmis"--oh, how I hate that word and the distorted a picture of an Islam (which gave FULL rights not only to its religious minorities, but also to the western trading communities which formed enclaves in the middle east during the Crusades) which it connotes!--the idea of the restoration of the Khalifate goes right into the US military, who gave a big boost to the idea as a way protect Exxon Mobil oil from the religious take-over of the great Mosque of Mecca in Saudi Arabia in--when?--1979, shortly after the Iranian revolution. Since 1979, the US funded the Bin Laden group to put pressure on the Soviets to leave Afghanistan, and later invaded Iraq at the request of, and with the financing of, Saudi Arabia, all the time re-inforcing a version of the Princeton-Oxford-Harvard PhD theses on the Khalifate.
From the PhD theses at Princeton, Oxford and Harvard under the perverted leadership of people like Bernard Lewis, studying the restoring the Khalifate and the position of the 'dhimmis"--oh, how I hate that word and the distorted a picture of an Islam (which gave FULL rights not only to its religious minorities, but also to the western trading communities which formed enclaves in the middle east during the Crusades) which it connotes!--the idea of the restoration of the Khalifate goes right into the US military, who gave a big boost to the idea as a way protect Exxon Mobil oil from the religious take-over of the great Mosque of Mecca in Saudi Arabia in--when?--1979, shortly after the Iranian revolution. Since 1979, the US funded the Bin Laden group to put pressure on the Soviets to leave Afghanistan, and later invaded Iraq at the request of, and with the financing of, Saudi Arabia, all the time re-inforcing a version of the Princeton-Oxford-Harvard PhD theses on the Khalifate.
6/13/2015
Fishawi, Jeddah Ma'rib dam bombed by Saudi Air Force Tribe (Brig. General Assiri--is that the tribe? Assiri?
Who has taken over the governmet in Saudi Arabia, the mutawwa'? The new king must be the direct opposite of King Abdulla and totally under the influence of the conservatives in the Air Force tribes.
6/06/2015
From my apartment من شقتي Les "3 religions" polititiques
الاسلام هو الدين يعاكس الاثر قظف الرأس المال
la religion d'Islam est la religion qui reflet le plus la saletée du capitalisme.
Voir la destruction total de tout culture pour l'achat, l'achat, la mode, dans les grands surfaces.
ولذلك الاسلامية السياسية تدمر كل الثقافة لكي يشجع الشراء الشراء "المود والخ في السواق ال حديثة مثل Galleries Lafayette ou Nordstrom
la religion d'Islam est la religion qui reflet le plus la saletée du capitalisme.
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6/05/2015
Cafe de Flore, Paris - Dora Bruder
copie collee du Monde des Livres, jeudi 4 juin, 2014
@Denis Cosnard
Patrick Modiano commence à exceller dans l’exercice qui semblait le moins fait pour lui : le discours officiel. Six mois après son texte très marquant de réception du prix Nobel à Stockholm, l’écrivain a de nouveau fait surgir l’émotion, lundi 1er juin, lors de l’inauguration de la promenade Dora Bruder, dans le 18e arrondissement de Paris.
Lire aussi : Modiano, jour de gloire à Stockholm
Devant une petite assemblée d’élus parisiens, de membres de la famille de Dora Bruder, de représentants du monde juif et d’écoliers, Modiano a trouvé les mots simples et justes pour faire revivre l’espace d’un instant cette jeune fille déportée à Auschwitz en septembre 1942.
Cette fugueuse de seize ans, qu’il a arrachée à l’oubli et à l’anonymat dans le plus poignant de ses livres, intitulé sobrement Dora Bruder (Gallimard, 1997), était une fille du quartier, a-t-il rappelé. « Ses parents se sont mariés à la mairie du 18e, elle est allée à l’école dont nous pouvons voir la façade, elle a fréquenté une autre école un peu plus haut sur la butte, elle a vécu avec ses parents rue Lamarck, boulevard Ornano », a souligné le romancier. Ses grands-parents habitaient « à quelques mètres de nous ».
Lire aussi : A Paris, une promenade Dora-Bruder en mémoire des victimes du nazisme
Déportée parce que juive
Une adolescente comme tant d’autres, en somme. En quelques phrases, le Prix Nobel a campé le décor. « Là où nous sommes, elle jouait avec un de ses cousins, et là aussi sans doute vers quinze ans elle donnait des rendez-vous », a-t-il dit de sa voix douce.
« Les soirs d’été où les jeunes gens restaient tard sous les platanes du terre-plein à prendre le frais sur les bancs, elle a écouté les airs de guitare de ceux qu’on appelait les Gitans et dont plusieurs familles vivaient ici, parmi lesquelles la famille du musicien Django Reinhardt. Pour Dora et pour les enfants du quartier, ce terre-plein était un terrain de jeux qu’ils appelaient le talus. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/06/01/patrick-modiano-dora-bruder-devient-un-symbole_4644883_3246.html#lUJOcsggmIA5oRJT.99
La suite de l’histoire est beaucoup moins joyeuse. A la suite d’une fugue, Dora Bruder est arrêtée, et envoyée à Auschwitz. Déportée parce que juive. Son père et sa mère connaîtront le même sort.
« Elle représente la mémoire de milliers d’enfant »
Aujourd’hui, « Dora Bruder devient un symbole, a déclaré Modiano. Elle représente désormais dans la mémoire de la ville les milliers d’enfants et d’adolescents qui sont partis de France pour être assassinés à Auschwitz, celles et ceux dont Serge Klarsfeld, dans son livre Memorial [Le mémorial des enfants juifs déportés de France, FFDJF, 1994] a rassemblé inlassablement les photos pour qu’on puisse connaître leurs visages. »
L’inauguration d’un lieu à son nom est une façon de faire pièce aux souhaits des nazis, qui voulaient faire disparaître Dora Bruder et ses semblables, et effacer jusqu’à leurs noms. « Je crois que c’est la première fois qu’une adolescente qui était une anonyme est inscrite pour toujours dans la géographie parisienne », a noté Patrick Modiano.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/06/01/patrick-modiano-dora-bruder-devient-un-symbole_4644883_3246.html#lUJOcsggmIA5oRJT.99
Après l’écrivain, la maire de Paris Anne Hidalgo s’est chargée de donner un sens plus politique à cette inauguration. En janvier 2015, soixante-dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, des juifs ont de nouveau été assassinés à Paris pour ce qu’ils étaient, a-t-elle rappelé, en évoquant la tuerie de l’Hyper-Casher.
« Soixante-dix ans après, on a de nouveau entendu “Mort aux juifs !” » D’où l’importance à ses yeux de comprendre le passé et de « conjurer l’oubli »,comme l’a si bien fait Modiano.
▪ 
▪ Denis Cosnard
cafedeflore.fr
@Denis Cosnard
Patrick Modiano commence à exceller dans l’exercice qui semblait le moins fait pour lui : le discours officiel. Six mois après son texte très marquant de réception du prix Nobel à Stockholm, l’écrivain a de nouveau fait surgir l’émotion, lundi 1er juin, lors de l’inauguration de la promenade Dora Bruder, dans le 18e arrondissement de Paris.
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Devant une petite assemblée d’élus parisiens, de membres de la famille de Dora Bruder, de représentants du monde juif et d’écoliers, Modiano a trouvé les mots simples et justes pour faire revivre l’espace d’un instant cette jeune fille déportée à Auschwitz en septembre 1942.
Cette fugueuse de seize ans, qu’il a arrachée à l’oubli et à l’anonymat dans le plus poignant de ses livres, intitulé sobrement Dora Bruder (Gallimard, 1997), était une fille du quartier, a-t-il rappelé. « Ses parents se sont mariés à la mairie du 18e, elle est allée à l’école dont nous pouvons voir la façade, elle a fréquenté une autre école un peu plus haut sur la butte, elle a vécu avec ses parents rue Lamarck, boulevard Ornano », a souligné le romancier. Ses grands-parents habitaient « à quelques mètres de nous ».
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Déportée parce que juive
Une adolescente comme tant d’autres, en somme. En quelques phrases, le Prix Nobel a campé le décor. « Là où nous sommes, elle jouait avec un de ses cousins, et là aussi sans doute vers quinze ans elle donnait des rendez-vous », a-t-il dit de sa voix douce.
« Les soirs d’été où les jeunes gens restaient tard sous les platanes du terre-plein à prendre le frais sur les bancs, elle a écouté les airs de guitare de ceux qu’on appelait les Gitans et dont plusieurs familles vivaient ici, parmi lesquelles la famille du musicien Django Reinhardt. Pour Dora et pour les enfants du quartier, ce terre-plein était un terrain de jeux qu’ils appelaient le talus. »
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/06/01/patrick-modiano-dora-bruder-devient-un-symbole_4644883_3246.html#lUJOcsggmIA5oRJT.99
La suite de l’histoire est beaucoup moins joyeuse. A la suite d’une fugue, Dora Bruder est arrêtée, et envoyée à Auschwitz. Déportée parce que juive. Son père et sa mère connaîtront le même sort.
« Elle représente la mémoire de milliers d’enfant »
Aujourd’hui, « Dora Bruder devient un symbole, a déclaré Modiano. Elle représente désormais dans la mémoire de la ville les milliers d’enfants et d’adolescents qui sont partis de France pour être assassinés à Auschwitz, celles et ceux dont Serge Klarsfeld, dans son livre Memorial [Le mémorial des enfants juifs déportés de France, FFDJF, 1994] a rassemblé inlassablement les photos pour qu’on puisse connaître leurs visages. »
L’inauguration d’un lieu à son nom est une façon de faire pièce aux souhaits des nazis, qui voulaient faire disparaître Dora Bruder et ses semblables, et effacer jusqu’à leurs noms. « Je crois que c’est la première fois qu’une adolescente qui était une anonyme est inscrite pour toujours dans la géographie parisienne », a noté Patrick Modiano.
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Après l’écrivain, la maire de Paris Anne Hidalgo s’est chargée de donner un sens plus politique à cette inauguration. En janvier 2015, soixante-dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, des juifs ont de nouveau été assassinés à Paris pour ce qu’ils étaient, a-t-elle rappelé, en évoquant la tuerie de l’Hyper-Casher.
« Soixante-dix ans après, on a de nouveau entendu “Mort aux juifs !” » D’où l’importance à ses yeux de comprendre le passé et de « conjurer l’oubli »,comme l’a si bien fait Modiano.
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▪ Denis Cosnard
cafedeflore.fr
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