10/03/2016

Shati' Tea and Falafel Shop, Gaza - jean de La Fontaine at McDonald´s

Le Renard et la Cigogne 

Compère le Renard se mît un jour en frais,
et retint a dîner commère la Cigogne.
Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprets:
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair; il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette:
La Cigogne au long bec n'en put attraper miette;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelque temps de la, la Cigogne le prie.
"Volontiers, lui dit-il; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie."
A l'heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse;
Loua très fort la politesse;
Trouva le dîner cuit a point:
Bon appétit surtout; Renards n'en manquent point.
Il se réjouissait a l'odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu'il croyait friande.
On servit, pour l'embarrasser,
En une vase a long col et d'étroite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer;
Mais le museau du sire était d'autre mesure.
Il lui fallut a jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu'une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l'oreille.
Trompeurs, c'est pour vous que j'écris:
Attendez-vous a la pareille.

Jean de La Fontaine 

Le Loup devenu Berger

UnLoup qui commençait d'avoir petite part
Aux Brebis de son voisinage,
Crut qu'il fallait s'aider de la peau du Renard
Et faire un nouveau personnage.
Il s'habille en Berger, endosse un hoqueton,
Fait sa houlette d'un bâton,
Sans oublier la Cornemuse.
Pour pousser jusqu'au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau: 
C'est moi qui suis Guillot,berger de ce troupeau.
Sa personne étant ainsi faite
Et ses pieds de devant posés sur sa houlette,
Guillot le sycophante approche doucement.
Guillot le vrai Guillot étendu sur l'herbette, 
Dormait alors profondément.
Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette.
La plupart des Brebis dormaient pareillement.
L'hypocrite les laissa faire,
Et pour pouvoir mener vers son fort les Brebis
Il voulut ajouter la parole aux habits,
Chose qu'il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire, 
Il ne put du Pasteur contrefaire la voix.
Le ton dont il parla fit retentir les bois,
Et découvrit tout le mystère.
Chacun se réveille a ce son,
Les Brebis, le Chien, le Garçon.
Le pauvre Loup, dans cet esclandre,
Empêché par son hoqueton,
Ne put ni fuir ni se défendre.
Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Quiconque est Loup agisse en Loup:
C'est le plus certain de beaucoup.

Jean de La Fontaine

Hachette Livre et Alexandre Jardin 2016 pour les textes. Édition exclusive The Marketing Store Worldwide pour McDonald´s - ISBN: 979-10-94132-27-2..- Imprimé en Europe par TBB, a.s. - Havi Global Solutions Europe GmbH, 47059 Duisberg, Allemagne 

10/01/2016

Café Sacher, Rennweg 1, A-6020 Innsbruck Österreich

Café Sacher et son Sacher Torte pendant que les journaux en Italie s'acharnaient contre des desseins satiriques dans Charlie Hebdo.

mon photo du 30/9/2016 -- lien au site Internet du Cafe Sacher 


Gerard Briard, "a la manivelle" dans charlie hebdo du 21/10/2016. copie OCR-optical character resolution, tres vite; priere d'accepter mes excuses 3011.  

COMÉDIE À L'ITALIENNE 
Le maire d'Amatrice, Sergio Pirozzi, aura tenu au moins une de ses promesses - ce qui, pour 

un élu italien, est notable. Il a porté plainte contre Charlie Hebdo. Très 
fâché contre les dessins de Coco et de Félix, le premier citoyen de la ville sinistrée par le tremblement de terre 
du 24 août a déposé plainte la semaine dernière pour" diffamation aggravée». Une accusation un peu curieuse, la polémique hystérico-médiatico-politique qui a enflammé l'Italie au sujet de nos dessins portant davantage sur la notion d'offense au bon goût. Il reste donc 
à savoir si la justice italienne jugera 
cette plainte recevable. D'autant qu'elle 
a déjà beaucoup de travail, et qu'elle 
ne manquera pas d'occasions, dans le cadre dudit travail, d'entendre le maire d'Amatrice, justement. Car la poussière des immeubles écroulés était à peine retombée que, déjà, on se posait beaucoup de questions. 
La lecture des journaux italiens avait d'ailleurs ces dernières semaines quelque chose d'assez comique. Tandis que les éditorialistes rivalisaient d'indignation à propos des" clichés» que véhiculeraient nos dessins, d'autres journalistes suivaient l'enquête des magistrats du "pool anttcorruption » chargés, dès le lendemain du séisme, de mettre au jour ce qui pourrait éventuellement se cacher sous les gravats d'Amatrice - c'est qu'en Italie, depuis le feuilleton sismico¬judiciaire de UAquila, qui se termine d'ailleurs en queue de poisson pour cause de prescription, on prend les devants. 
Ce qui donnait un peu l'impression que ces éditorialistes outrés ne lisent pas 
les journaux dans lesquels ils écrivent ... 
Ainsi, le 27 août, trois jours après le séisme, on pouvait lire dans la Repubblica des déclarations sans ambiguïté du 
. .,
L

des déclarations sans ambiguïté du procureur de Rieti, Giuseppe Saieva, qui a ouvert une enquête pour homicide 
involontaire: "Ce qui 
est arrivé ne peut pas être seulement le fruit 
de la fatalité. Si les édifices avaient été construits comme au Japon, ils ne se seraient pas écroulés. [ ... ] Je pense qu'ils ont été 
construits à l'économie, en utilisant plus de sable que de ciment. » Le Corriere 
della Sera, lui, publiait le témoignage qu'un secouriste volontaire sur place, ingénieur de profession, avait posté sur Facebook, assorti de photos de maisons anciennes tombées en poussière, aux murs d'origine faits de pierre et de chaux, puis" restaurées» avec de lourds toits en béton armé: "Imaginez que vous construisez un château de sable, que vous posez dessus une énorme brique, et que vous secouez. » 
Plus problématique encore, le cas de certains bâtiments aujourd'hui 
en ruine, alors qu'ils étaient censés être, légalement, parmi les plus sûrs de la ville. Selon les normes en vigueur, chaque municipalité doit se doter d'un plan 
de secours d'urgence qui tient compte 
des "caractéristiques du territoire», notamment des risques sismiques, et qui liste les terrains et les édifices pouvant servir de refuge en cas de sinistre. 
Parmi ces édifices, on trouve l'école élémentaire Romeo Carpanica, qui, bien que "réhabilitée» en septembre 2012, s'est écroulée, et l'hôtel Roma, qui a 
servi de cimetière à ses clients. Le plan de protection civile de la municipalité d'Amatrice date du 30 juin 2012. Or, 
en 2012, Sergio Pirozzi était déjà maire d'Amatrice depuis trois ans ... Ce plan a donc été approuvé par lui. Tout comme les permis de construire, de réhabilitation ou de mise aux normes des immeubles. Sans oublier les procédures d'appels d'offres, et les attributions de contrats qui s'ensuivent ... 
Bref, il apparaît que, alors que la région est classée à « très haut risque» par tous les sismologues, les travaux 
de mise en conformité ont été faits en dépit du bon sens ou tout simplement pas faits du tout. Une affaire un peu plus grave -.et meurtrière - qu'une bête histoire d'outrage supposé à l'élégance satirique ... !II 
Une ville, 
un maire ... et quelques 
monstres 
••••••••• 

9/21/2016

Cafe de Flore,Un Voile sur la Republique, CH 14 sept Chandortt Djvann

لقد ظل طويلا من الحديث عن
بوركيني ومجلس الدولة، الذي يعتزم ضمان "حرية المجيء والذهاب،
حرية الضمير والحرية الشخصية، "الحرية، ماذا يعني؟ هل العريون أحرار في السير على الشواطئ الشعبية؟ لا، أليس كذلك؟ لكن مجلس الدولة كان أكثر تسامحا تجاه أولئك الذين يريدون الكشف عن أيديولوجيتهم الإسلامية ، بشرط ألا يكون هناك "اضطراب في النظام العام"، أما البركيني فهو معرض لأجمل الأنواع التي لا تدين بأي شيء أو إهمال.
جدول أعمال الإسلاميين في هذه المرحلة. وقال فرانسوا هولاند ليا سلامه في 15 أبريل / نيسان على شاشة التلفزيون: "الحجاب ليس مشكلة، كل ذلك يتوقف على كيفية ارتداء الحجاب، وبعد خمسة أيام، في 20 أبريل، يحتفل الإسلاميون ب" يوم الحجاب "في العلوم بو.
بعد الهجوم البشع يوم 14 يوليو، كان في نيس نفسها، وهي بلدة جرحى، وفي جوارها، أن النساء في بوركيني يظهرن أنفسهن بشكل مثير. إذا كان أولئك الذين عرضوا قد سعى تقدير، كان لديهم كل الترفيه لارتداء قبعة حمام مع الحفاظ على تييشيرت وسراويل. لكن ذلك لم يكن له نفس الأثر السياسي. لقد كان الأمر بالفعل بمثابة إثارة وإطلاق قضية بوركيني كعنصر آخر في الهجوم الإسلامي الطويل الذي رفضه الكثيرون من سياسيينا، فرانسوا هولاند، في رؤيته.
إذا كان الهدف من هؤلاء النساء والموجهين له هو الحفاظ على "التواضع"، فإنها قد ذهبت إلى الشواطئ المعزولة، مثل العراة. من المهم أن نعرف أن الأخلاق الإسلامية تحظر أيضا على المرأة عرض جسدها وشعرها على الرجل، بدلا من النظر إلى أجساد الرجال المجردة: الشواطئ المختلطة محظورة في المملكة العربية السعودية أو إيران، حيث الشريعة بمثابة القانون وكان قلقهم وليس لحماية تواضعهم، ولكن لإعلان رفضهم لأساليب الحياة
كريتد بي رياديريس، كوبيرايت أيرس 2009
كريتد بي رياديريس، كوبيرايت أيرس 2009
لتفاقم التوترات وبالتالي تلعب لعبة الجبهة الوطنية. النذر الخفي لهولندا هو المواجهة في الجولة الثانية مع مارين لوبان: فرصته الوحيدة لإعادة انتخابه.
ورفض فرانسوا هولاند من قبل وزرائه الذين ينتقدون الباب واحدا تلو الآخر، ورفضته أغلبية كبيرة من الفرنسيين الذين لا يرغبون في تمثيل أنفسهم، لا يزال يشعر بالأمل في انتعاش سياسي غير محتمل أو تحسن طفيف في الوضع الاقتصادي. ومن أجل هذا، فإنه يحسب، من بين أمور أخرى، على الملالي الإيرانيين. وهناك عدد قليل من العقود التي من شأنها أن تفعل له بشكل جيد. يرسل إلى إيران، تقريبا سرا، رفيقه السابق ووزير البيئة الحالي، سيغولين رويال. يبدو محجبا. كيف ترتدي الحجاب؟ هل الرئيس راض؟

وزير التعليم الوطني، الذي أعلن أنه من الضروري "اللعب بشكل جماعي" والذي كان من المفيد أن تبدو جيدة وابتسامة بعد أن كان المتحدث باسم الحكومة، وأصبح المتحدث باسم هولندا، الذي هناك ثمانية أشهر لغرق مانويل فالز، والتي يجعله الظل. لقد استنكر، دون أن يكون من دون قوة، قبل قرار مجلس الدولة، بشأن أوروبا، وليس انتشار بوركيني، ولكن مراسيم مكافحة بوركيني، لأنه في نظره "وهذا يثير مسألة الحرية الفردية: إلى أي مدى يمكننا أن نتحقق من أن الزي يتطابق مع الأخلاق الحميدة، وأنه يخرج عن الكلمة العنصرية "، وتكرر في مقابلة مع L'أوبس من 7 سبتمبر، حول الحظر (هل وشاح في الجامعة، والتي مانويل فالز هي "مواتية" و "هولندا" لا: "إن المجتمع الفرنسي في البداية يقوضه انسحاب متطابق، واستياء تجاه المسلمين". صحيح أنه يتهم 55 مليون فرنسي غير مسلم بانسحاب الهوية، ومن المؤكد أن يسترضي الأرواح !
UN VOILE SUR LA RÉPUBLIQUE
 Je me suis longtemps retenue pour ne pas
parler du burkini et du Conseil d'État, qui entend garantir «la liberté d'aller et venir, la
liberté de conscience et la liberté personnelle », Liberté, qu'est-ce à dire? Les nudistes sont-ils libres de se balader sur les plages populaires? Non, n'est-ce pas? Mais le Conseil d'État s'est montré plus tolérant à Y égard de celles qui veulent mettre à nu leur idéologie islamique, sous réserve qu'il n'y ait pas «trouble à l'ordre public». Le burkini, c'est de l'exhibitionnisme de la plus belle espèce, qui ne doit rien à l'inattention ou à la distraction.
L'agenda des islamistes est au point. François Hollande avait déclaré à Léa Salamé, le 15 avril à la télévision: «Le voile n'est pas un problème; tout dépend comment on le porte. » Cinq jours plus tard, le 20 avril, les islamistes célèbrent le «Hijab Day» à Sciences-Po.
Après l'attentat atroce du 14 juillet, c'est à Nice même, ville meurtrie, et dans ses environs, que les femmes en burkini se manifestent avec ostentation. Si celles qui l'exhibent avaient cherché la discrétion, elles auraient eu tout loisir de porter un bonnet de bain en gardant leur teeshirt et leur pantalon; mais ça n'aurait pas eu le même impact politique. Or il s'agissait bien de provoquer, de lancer l'affaire du burkini comme un élément de plus dans l'offensive islamiste de longue haleine que beaucoup de nos politiques, François Hollande en tête, refusent de voir.
Si le but de ces femmes et de leurs mentors était de préserver leur «pudeur », elles seraient allées dans des plages isolées, comme les nudistes. Il faut savoir que la morale islamique interdit tout autant à une femme de montrer son corps et sa chevelure aux hommes que de regarder le corps nu des hommes : les   plages mixtes sont interdites en Arabie saoudite ou en Iran, où la charia fait office de loi' Leur souci n'était nullement de protéger leur pudeur, mais bel et bien de proclamer leur rejet des modes de vie

occidentaux, d'exacerber les tensions et de jouer donc in fine le jeu du Front national. Le vœu dissimulé de Hollande est une confrontation au second tour avec Marine Le Pen: sa seule chance d'être réélu.
Désavoué par ses ministres qui claquent la porte l'un après l'autre, rejeté par une immense majorité de Français qui ne souhaite pas qu'il se représente, François Hollande nourrit encore l'espoir d'un improbable rebondissement politique ou d'une petite amélioration de la situation économique. Et pour cela, il compte, entre autres, sur les mollahs iraniens. Quelques contrats de plus feraient bien son affaire. Il envoie donc en Iran, presque en catimini, son ex-compagne et actuelle ministre de l'Environnement, Ségolène Royal. Elle y apparaît voilée. Comment porte-t-elle le voile? Le président estil satisfait?
Notre ministre de l'Éducation nationale, qui proclamait qu'il fallait «jouer collectif» et qui se contentait de faire bonne mine et sourire après avoir été porte-parole du gouvernement, est devenue porte-parole de Hollande, à qui il reste huit mois pour noyer Manuel Valls, qui lui fait de l'ombre. Elle a dénoncé, non sans véhémence, juste avant la décision du Conseil d'État, sur Europe r, non pas la prolifération des burkinis, mais celle des arrêtés anti-burkini, car, à ses yeux, «cela pose la question de la liberté individuelle : jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes mœurs? Et cela libère la parole raciste », Elle réaffirme dans une interview à L'Obs du 7 é .tembre, à propos de l'interdiction (hl foulard a l'université, à laquelle Manuel Valls est favorable et Hollande, pas: «La société française est d'abord minée par le repli ideniitaire, le ressentiment à l'égard des musulmans.» Entendez bien: elle accuse les 55 millions de Français non musulmans de repli identitaire. Voilà qui à coup sûr va apaiser les esprits! Il



Cafe de Flore,Un Voile sur la Republique, CH 14 sept Chandortt Djvann

لقد ظل طويلا من الحديث عن
بوركيني ومجلس الدولة، الذي يعتزم ضمان "حرية المجيء والذهاب،
حرية الضمير والحرية الشخصية، "الحرية، ماذا يعني؟ هل العريون أحرار في السير على الشواطئ الشعبية؟ لا، أليس كذلك؟ لكن مجلس الدولة كان أكثر تسامحا تجاه أولئك الذين يريدون الكشف عن أيديولوجيتهم الإسلامية ، بشرط ألا يكون هناك "اضطراب في النظام العام"، أما البركيني فهو معرض لأجمل الأنواع التي لا تدين بأي شيء أو إهمال.
جدول أعمال الإسلاميين في هذه المرحلة. وقال فرانسوا هولاند ليا سلامه في 15 أبريل / نيسان على شاشة التلفزيون: "الحجاب ليس مشكلة، كل ذلك يتوقف على كيفية ارتداء الحجاب، وبعد خمسة أيام، في 20 أبريل، يحتفل الإسلاميون ب" يوم الحجاب "في العلوم بو.
بعد الهجوم البشع يوم 14 يوليو، كان في نيس نفسها، وهي بلدة جرحى، وفي جوارها، أن النساء في بوركيني يظهرن أنفسهن بشكل مثير. إذا كان أولئك الذين عرضوا قد سعى تقدير، كان لديهم كل الترفيه لارتداء قبعة حمام مع الحفاظ على تييشيرت وسراويل. لكن ذلك لم يكن له نفس الأثر السياسي. لقد كان الأمر بالفعل بمثابة إثارة وإطلاق قضية بوركيني كعنصر آخر في الهجوم الإسلامي الطويل الذي رفضه الكثيرون من سياسيينا، فرانسوا هولاند، في رؤيته.
إذا كان الهدف من هؤلاء النساء والموجهين له هو الحفاظ على "التواضع"، فإنها قد ذهبت إلى الشواطئ المعزولة، مثل العراة. من المهم أن نعرف أن الأخلاق الإسلامية تحظر أيضا على المرأة عرض جسدها وشعرها على الرجل، بدلا من النظر إلى أجساد الرجال المجردة: الشواطئ المختلطة محظورة في المملكة العربية السعودية أو إيران، حيث الشريعة بمثابة القانون وكان قلقهم وليس لحماية تواضعهم، ولكن لإعلان رفضهم لأساليب الحياة

لتفاقم التوترات وبالتالي تلعب لعبة الجبهة الوطنية. النذر الخفي لهولندا هو المواجهة في الجولة الثانية مع مارين لوبان: فرصته الوحيدة لإعادة انتخابه.
ورفض فرانسوا هولاند من قبل وزرائه الذين ينتقدون الباب واحدا تلو الآخر، ورفضته أغلبية كبيرة من الفرنسيين الذين لا يرغبون في تمثيل أنفسهم، لا يزال يشعر بالأمل في انتعاش سياسي غير محتمل أو تحسن طفيف في الوضع الاقتصادي. ومن أجل هذا، فإنه يحسب، من بين أمور أخرى، على الملالي الإيرانيين. وهناك عدد قليل من العقود التي من شأنها أن تفعل له بشكل جيد. يرسل إلى إيران، تقريبا سرا، رفيقه السابق ووزير البيئة الحالي، سيغولين رويال. يبدو محجبا. كيف ترتدي الحجاب؟ هل الرئيس راض؟
وزير التعليم الوطني، الذي أعلن أنه من الضروري "اللعب بشكل جماعي" والذي كان من المفيد أن تبدو جيدة وابتسامة بعد أن كان المتحدث باسم الحكومة، وأصبح المتحدث باسم هولندا، الذي هناك ثمانية أشهر لغرق مانويل فالز، والتي يجعله الظل. لقد استنكر، دون أن يكون من دون قوة، قبل قرار مجلس الدولة، بشأن أوروبا، وليس انتشار بوركيني، ولكن مراسيم مكافحة بوركيني، لأنه في نظره "وهذا يثير مسألة الحرية الفردية: إلى أي مدى يمكننا أن نتحقق من أن الزي يتطابق مع الأخلاق الحميدة، وأنه يخرج عن الكلمة العنصرية "، وتكرر في مقابلة مع L'أوبس من 7 سبتمبر، حول الحظر (هل وشاح في الجامعة، والتي مانويل فالز هي "مواتية" و "هولندا" لا: "إن المجتمع الفرنسي في البداية يقوضه انسحاب متطابق، واستياء تجاه المسلمين". صحيح أنه يتهم 55 مليون فرنسي غير مسلم بانسحاب الهوية، ومن المؤكد أن يسترضي الأرواح !

laqad zill tawilaan min alhadith ean burkini wamajlis alddawlat, aldhy yaetazim daman "hryt almaji' waldhdhahab, hurriat alddamir walhurriat alshshakhsiati, "alharriat, madha yaeani? hal aleuryun 'ahrar fi alssayr ealaa alshshawati alshshaebiati? la, 'alays kadhalik? lkn majlis alddawlat kan 'akthar tasamuhanaan tujah 'uwlayik aldhyn yuridun alkashf ean 'aydiulujiatihim al'iislamiat , bishart 'alla yakun hunak "adtirab fi alnnizam aleam", 'amma albarkini fahu maerid li'ajmal al'anwae alty la tudin bi'ay shay' 'aw 'iihmal. jadwal 'aemal al'iislamiiyn fi hadhih almarhalati. waqal fransuu huland lya salamah fi 15 'abril / nisan ealaa shashat alttilfizyun: "alhijab lays mushkilat, kl dhlk yatawaqqaf ealaa kayfiat airtida' alhijabi, wabaed khmst 'ayaamin, fi 20 'abraylin, yahtafil al'iislamiuwn ba" yawm alhijab "fi aleulum bw. baed alhujum albashie yawm 14 yulliu, kan fi nays nnafsiha, wahi baldat jurhaa, wafi jwwarha, 'ann alnnisa' fi burkini yzhrn 'anfusihinn bishakl mthyr. 'iidha kan 'uwlayik aldhyn erdu qad saeaa taqdira, kan ladayhim kl alttarfih liairtida' qbeat hammam mae alhifaz ealaa tyyshyrt wsrawyl. lkn dhlk llam yakun llah nfs al'athar alssiasi. llaqad kan al'amr balfel bimathabat 'iitharat wa'iitlaq qadiat burkini kaeunsur akhar fi alhujum al'iislami alttawil aldhy rafadah alkathirun min siasiiyna, fransuu huland, fi rawyatih. 'iidha kan alhadaf min huala' alnnisa' walmuajihin lah hu alhifaz ealaa "alttawadue", fa'innaha qad dhahabt 'iilaa alshshawati almaezulat, mithl aleurati. min almuhimm 'ann naerif 'ann al'akhlaq al'iislamiat tahzur 'aydaan ealaa almar'at earad jasadiha washaeraha ealaa alrrajul, badalaan min alnnazar 'iilaa 'ajsad alrrijal almjrdt: alshshawati almukhtalitat mahzurat fi almamlakat alearabiat alssaeudiat 'aw 'iiran, hayth alshryet bimathabat alqanun wakan qalaqihim walays lihimayat tawadieihim, walikan li'iielan rafdahum li'asalib alhaya karitd bi riadyris, kubirayt 'ayris 2009 karitd bi riadyris, kubirayt 'ayris 2009 litafaqum alttawatturat wabialttali taleab luebat aljabhat alwataniat. alnnudhur alkhafi lahulnda hu almuajahat fi aljawlat alththaniat mae maryn luban: fursatih alwahidat li'iieadat aintikhabih. warafad fransuu hwland min qibal wuzarayih alladhin yantaqidun albab wahidaan talu alakhir, warafadath 'aghlabiatan kabiratan min alfaransiiyn aldhyn la yarghabun fi tamthil 'anfsihim, la yazal yasheur bial'amal fi aintieash siasi ghyr muhtamal 'aw tahassun tafif fi alwade alaiqtisadi. wamin ajl hudha, fa'innah yahsib, min bayn 'umur 'ukhraa, ealaa almalali al'iiraniiyn. wahunak eadad qalil min aleuqud alty min shaniha 'an tafeal lah bishakl jyd. yursil 'iilaa 'iiran, taqribaan sura, rafiqah alssabiq wawazir albiyat alhali, sayaghulin rwyal. ybdw mhjba. kayf tartadi alhjab? hal alrrayiys rad? wazir alttaelim alwatani, aldhy 'aelan 'annah min alddaruri "alllueub bishakl jmaey" walladhi kan min almafid 'ann tabdu jayidatan waibtisamatan baed 'an kan almutahaddith biaism alhukumati, wa'asbah almutahaddith biaism hulanda, aldhy hunak thmanyt 'ashhur ligharaq manuil falz, wallati yajealuh alzl. laqad aistankar, dun 'an yakun min dun quwwata, qabl qarar majlis alddawlat, bishan 'uwrubba, walays aintishar bwrkyny, walikann marasim mukafahat burkini, li'annah fi nazarah "whdha yuthir mas'alat alhurriat alfardiat: 'iilaa 'ay madaan ymknna 'an natahaqqaq min 'an alzzi yatatabaq mae al'akhlaq alhamidati, wa'annah yakhruj ean alkalimat aleunsuria ", watakarrar fi muqabalat mae L'awbs min 7 sbtmbr, hawl alhazr (hl washah fi aljamet, wallati manuil falz hi "mwaty" w "hwlnda" la: "'inn almujtamae alfaransi fi albidayat yaquduh ainsihab mutatabiq, waistia' tujah almslmin". sahih 'annah yuttaham 55 mlywn faransi ghyr muslim biainsihab alhuiat, wamin almwkd 'ann yastardi al'arwah

UN VOILE SUR LA RÉPUBLIQUE

 Je me suis longtemps retenue pour ne pas

parler du burkini et du Conseil d'État, qui entend garantir «la liberté d'aller et venir, la

liberté de conscience et la liberté personnelle », Liberté, qu'est-ce à dire? Les nudistes sont-ils libres de se balader sur les plages populaires? Non, n'est-ce pas? Mais le Conseil d'État s'est montré plus tolérant à Y égard de celles qui veulent mettre à nu leur idéologie islamique, sous réserve qu'il n'y ait pas «trouble à l'ordre public». Le burkini, c'est de l'exhibitionnisme de la plus belle espèce, qui ne doit rien à l'inattention ou à la distraction.

L'agenda des islamistes est au point. François Hollande avait déclaré à Léa Salamé, le 15 avril à la télévision: «Le voile n'est pas un problème; tout dépend comment on le porte. » Cinq jours plus tard, le 20 avril, les islamistes célèbrent le «Hijab Day» à Sciences-Po.

Après l'attentat atroce du 14 juillet, c'est à Nice même, ville meurtrie, et dans ses environs, que les femmes en burkini se manifestent avec ostentation. Si celles qui l'exhibent avaient cherché la discrétion, elles auraient eu tout loisir de porter un bonnet de bain en gardant leur teeshirt et leur pantalon; mais ça n'aurait pas eu le même impact politique. Or il s'agissait bien de provoquer, de lancer l'affaire du burkini comme un élément de plus dans l'offensive islamiste de longue haleine que beaucoup de nos politiques, François Hollande en tête, refusent de voir.

Si le but de ces femmes et de leurs mentors était de préserver leur «pudeur », elles seraient allées dans des plages isolées, comme les nudistes. Il faut savoir que la morale islamique interdit tout autant à une femme de montrer son corps et sa chevelure aux hommes que de regarder le corps nu des hommes : les   plages mixtes sont interdites en Arabie saoudite ou en Iran, où la charia fait office de loi' Leur souci n'était nullement de protéger leur pudeur, mais bel et bien de proclamer leur rejet des modes de vie

Created by Readiris, Copyright IRIS 2009
Created by Readiris, Copyright IRIS 2009

occidentaux, d'exacerber les tensions et de jouer donc in fine le jeu du Front national. Le vœu dissimulé de Hollande est une confrontation au second tour avec Marine Le Pen: sa seule chance d'être réélu.

Désavoué par ses ministres qui claquent la porte l'un après l'autre, rejeté par une immense majorité de Français qui ne souhaite pas qu'il se représente, François Hollande nourrit encore l'espoir d'un improbable rebondissement politique ou d'une petite amélioration de la situation économique. Et pour cela, il compte, entre autres, sur les mollahs iraniens. Quelques contrats de plus feraient bien son affaire. Il envoie donc en Iran, presque en catimini, son ex-compagne et actuelle ministre de l'Environnement, Ségolène Royal. Elle y apparaît voilée. Comment porte-t-elle le voile? Le président estil satisfait?

Notre ministre de l'Éducation nationale, qui proclamait qu'il fallait «jouer collectif» et qui se contentait de faire bonne mine et sourire après avoir été porte-parole du gouvernement, est devenue porte-parole de Hollande, à qui il reste huit mois pour noyer Manuel Valls, qui lui fait de l'ombre. Elle a dénoncé, non sans véhémence, juste avant la décision du Conseil d'État, sur Europe r, non pas la prolifération des burkinis, mais celle des arrêtés anti-burkini, car, à ses yeux, «cela pose la question de la liberté individuelle : jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes mœurs? Et cela libère la parole raciste », Elle réaffirme dans une interview à L'Obs du 7 é .tembre, à propos de l'interdiction (hl foulard a l'université, à laquelle Manuel Valls est favorable et Hollande, pas: «La société française est d'abord minée par le repli ideniitaire, le ressentiment à l'égard des musulmans.» Entendez bien: elle accuse les 55 millions de Français non musulmans de repli identitaire. Voilà qui à coup sûr va apaiser les esprits! Il


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5/15/2016

From my appartement

Routine...flocons d'avoine, cafe, demi baguette, riz

Fishawi, Cairo

J'ai rencontre quelques jeunes qui venaient d'assister au "screening" pour Un Certain Regard de "ishtabakat" --The Clash--au festival de film... et la semaine prochaine sera tout James Bond au cinéma de la plage. Il faut noter mon idée  d'un tour guide de Maqrizi dans le Caire mediovale pour Sean Connery!

4/30/2016

Café Maldaner, 68187 Wiesbaden "Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens"

I cite again Kamel Daoud's letter withdrawing himself from journalistic comments after the harsh reply of 12-or-so sociologues at French universities who accused him of "islamophobia" after his letter in Le Monde regarding  the Saint Sylvestre-New Year's harrassment of women in Cologne.

Perhaps I was thinking, while I look for jobs in Germany and visiting this Café in Wiesbaden, how ironic it is that Adam Shatz writes from New York, of Woody Allen's "Cafe Society" fame. 
Le sort de la femme est lié à mon avenir,
  à l'avenir des miens  »
PAR KAMEL DAOUD
c
her ami, j'ai lu avec attention ta lettre, bien sûr. Elle m'a touché par sa générosité et sa lucidité.

Etrangement, ton propos est venu con­forter la décision que j'ai prise au cours des derniers jours. J'y ai surtout retenu l'expression de ton amitié tendre et complice malgré l'inquiétude. je vou­drais cependant répondre.

rai longtemps écrit avec le même es­prit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur.

J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seule­ment parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme, en Al­gérie, durant les années dures m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit,le mythe de l'expérience,

rai donc écrit souvent, trop, avec fu­reur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la prise de consciente, à l'abdication ou à l'intégrisme, selon nos buts dans la vie. Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses.

D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre; le texte sur «Cologne» j'en avais écrit une par­tie, celle sur la femme, il y a des années. A l'époque, cela n'a fait réagir personne ou si peu. Aujourd'hui, les temps ont changé: des crispations poussent à in­terpréter et l'interprétation pousse au procès. J'avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur suc­cession dans le temps est donc un acci­dent et pas un acharnement de ma part. J'ai écrit poussé par la honte et la colère contre les miens et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J'y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l'on ne peut cacher sous prétexte de «charité culturelle».

je suis écrivain et je n'écris pas des thè­ses d'universitaire. C'est une émotion aussi. Que des universitaires pétition­nent contre moi aujourd'hui, à cause de ce texte, je trouve cela immoral: parce qu'ils ne vivent pas ma chair ni ma terre, et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me pronon­cent coupable d'islamophobie depuis des capitales occidentales et leurs ter­rasses de café où règnent le confort et la sécurité. Le tout servi en forme de pro­cès stalinien et avec le préjugé du spé­cialiste: je sermonne un indigène parce que je parle mieux que lui des intérêts des autres indigènes et postdécolonisés. Cela m'est intolérable comme posture. je pense que cela reste immoral de m'of­frir en pâture à la haine locale sous le

verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. je pense que c'est honteux de m'accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens. a

L'islam est une belle religion selon l'homme qui la porte, mais j'aime que les religions soient un chemin vers un dieu et qu'y résonnent les pas d'un homme qui marche. Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la consé­quence de leurs actes sur la vie d'autrui.

Cher ami, j'ai compris aussi que l'épo­que est dure. Comme autrefois l'écrivain venu du froid, aujourd'hui l'écrivain venu du monde dit «arabe» est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les mé­dias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dé­noncer. Mais je me retrouve soudaine­ment responsable de ce qui va être lu se­lon les terres et les airs. Dénoncer la thé­ocratie ambiante chez nous devient un argument d'islamophobe ailleurs.

Est-ce ma faute? En partie. Mais c'est aussi la faute de notre époque. C'est ce qui s'est passé pour la tribune sur « Colo­gne». je l'assume mais je me trouve dé­solé pour ce à quoi elle peut servir comme déni d'humanité de l'Autre. L'écrivain venu des terres d'Allah se trouve aujourd'hui au centre de sollici­tations médiatiques intolérables. je n'y peux rien mais je peux m'en soustraire: par la prudence, comme je l'ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais.

je vais donc m'occuper de littérature et, en cela, tu as raison. J'arrête le journa­lisme sous peu. je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explo­rer. Non pas abdiquer, mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias. je me résous à creuser et non déclamer.

J'ai pour ma terre l'affection du désen­chanté. Un amour secret et fort. Une passion. J'aime les miens .et les cieux que j'essaye de déchiffrer dans les livres et avec l'œil la nuit. je rêve de puissance, de souveraineté pour les miens, de cons­cience et de partage. Cela me déçoit de ne pas vivre ce rêve. Cela me met en co­lère ou me pousse au châtiment amou­reux. je ne hais pas les miens, ni l'homme en l'autre. je n'insulte pas les raisons d'autrui. Mais j'exerce mon droit d'être libre. Ce droit a été mal interprété, sollicité, malmené ou jugé. Aujourd'hui, je veux aussi la liberté de faire autre chose. Mille excuses si j'ai déçu, un mo­ment, ton amitié cher Adam.

Et si je rends publique cette lettre aujourd'hui, c'est parce qu'elle s'adresse aux gens affectueux de bonne foi comme toi.Et surtout à toi. •
                        Created by Readiris, Copyright IRIS 2009
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un écrivain /1 est lauréat du prix
du premier roman                pour« Meursoui',
(OI")trE'-f'11n1J!PtP " (Actes Sud, 2014)

                        Created by Readiris, Copyright IRIS 2009
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4/23/2016

Cafe de Flore شنفراء

Je commente ici sur un peut être curieux tournant de Philippe Lancon dans son lit d'hopital ou il se remet toujours après les attentats 7 février 2014 a Charlie Hebdo.

Avec tout les discours sages sur le "siècle des lumières" voila cette citation de L de Jaucourt qui loue la pudeur, exactement comme les salafistes et la jeune génération de musulmans  en France le font aujourd'hui.

Intéressant ceci, en particulier: "Mais porter le foulard n'est pas porter le voile, et porter l'un ou l'autre dans un pays comme les États¬Unis, où l'on n'est pas sommé de justifier politique¬ment son mode de vie, n'a pas le même sens que le porter ici. Les femmes à voile hexagonales sont, de ce point de vue, beaucoup plus françaises qu'elles ne croient: elles politisent tout ce qu'elles portent; et, si elles ne le font pas, d'autres le font pour elles."


13 avril 2016 ! CHARLIE HEBDO 1238 p.11

ATTENTAT PAR LA PUDEUR
h! La pudeur ... Ce merveilleux attribut féminin. Le troisième sein des femmes, en quelque sorte. Il naît dans les choux,

comme les enfants, ou dans les coquillages comme la Vénus de Botticelli. C'est Monsieur qui cultive les uns et ramasse les autres. j'ouvre y Encyclopédie, ce recueil du XVIII' siècle, et lis l'article consacré à un terme que certains couturiers et amis politiques des femmes à voile - à moins qu'ils ne le soient plu¬tôt de leurs maris à longue barbe, ces damnés de la coiffe) - semblent vouloir remettre sur le tapis à prières. Il a été rédigé par Louis de Jaucourt, l'un des tâcherons du grand dictionnaire.
Voici le début: "C'est IHle honte naturelle, sage et honnête. une ,-rainte secrète. !UN CHAMP DE CACTUS ET DE SUSCEPTIBILITÉS
Mais, au fait, pourquoi la femme devrait-elle seule porter cette charge et cette mission? Ladjec¬tif «naturel» le dit : à cause de la nature, voyons! La femme porte la pudeur comme elle porte les gosses, c'est dans l'ordre des choses: «L'idée de la pudeur n'est point une chimère, un préjugé populaire, une tromperie des lois et de l'éducation. Tous les peuples se sont également accordés à attacher du mépris à l'incontinence des femmes; c'est que la nature a parlé à toutes les nations.» Ce texte est vieux, dépassé bien sûr. Depuis lors, bien des philosophes et his¬toriens ont réfléchi et perturbé l'idée de pudeur. Dépassé, vraiment? Le sens de l'Histoire, comme on sait, n'est pas linéaire. Il agit en spirale et agglo¬mère aux vieilles lunes de nouvelles, qui ne le sont déjà plus au moment où elles paraissent éclipser les précédentes.
Aucun intellectuel ou ami occidental du voile pour femmes des peuples opprimés n'ose¬rait aujourd'hui défendre celui-ci au nom de la «pudeur féminine» : ils auraient trop peur de pas¬ser pour ce qu'il leur arrive d'être, de petits pères la vertu. Ils voilent le concept, si j'ose dire, avec les
mots de complexité, de respect, de misère sociale, de libre choix, de révolte. On les connaît depuis longtemps, depuis toujours: ce sont les ennemis de l'humanisme, cet ectoplasme bourgeois. Ceux à qui on ne la fait pas. Ennemis de l'humanisme, ils le sont toujours pour les meilleures raisons du monde - d'un monde meilleur, généralement, où les classes et les races seront abolies. Mais ils le sont. Les uns sont pervers et manipulateurs, les autres, naïfs et saturés de bons sentiments. Ils semblent ne pas croire aux valeurs qui leur permettent de vivre et de s'exprimer.
j'ai trop voyagé en Amérique et en Orient pour être gêné par les femmes à voile. j'ai même lu, à une époque, le texte de l'orientaliste Louis Massignon qui explique la beauté conceptuelle, les ambiguïtés et les subtilités de ce bout de tissu. j'ai une grande amie, américaine palestinienne, dont la sœur est une journaliste militante particulièrement efficace sur une chaîne indépendante du Minnesota. Elle et ses collègues dénoncent avec succès les excès de pouvoir. Elle est leur figure de proue. Elle est couverte. Cela ne gêne personne, cela ne me gêne pas. Mais porter le foulard n'est pas porter le voile, et porter l'un ou l'autre dans un pays comme les États¬Unis, où l'on n'est pas sommé de justifier politique¬ment son mode de vie, n'a pas le même sens que le porter ici. Les femmes à voile hexagonales sont, de ce point de vue, beaucoup plus françaises qu'elles ne croient: elles politisent tout ce qu'elles portent; et, si elles ne le font pas, d'autres le font pour elles.
Mais la tolérance s'applique d'abord aux phénomènes qu'on aime peu ou qu'on n'a pas envie d'expérimenter. Je n'aime pas le voile, dont les significations sont pour moi très claires, mais je l'accepte sans problème jusqu'au coin de ma rue. Je ne crois jamais avoir regardé de travers, ou même différemment, une femme qui le porte: croiser son regard me suffit. j'accepte le port du voile, mais je ne veux pas qu'on me prêche qu'il est un signe de progrès, de jeunesse, d'autonomie ou de liberté. Parlerai¬je d'aliénation, comme au bon vieux temps du marxisme? Je le ferais volontiers, mais cela aussi est devenu difficile: employer ce terme ferait de moi un bonhomme en surplomb, qui ne se croit pas aliéné et distribue ses jugements depuis le haut de son arbre. La démocratie française en est arrivée à ce point de colère, d'individuation et d'inculture où désigner. la servitude des autres ne peut plus être perçu que comme une manière de s'en exo¬nérer. Nous vivons dans un champ de cactus et de susceptibilités.
Concluons avec le brave Jaucourt. Dans la fin de son article, il mettait un peu de vin - un peu, seulement - dans son eau bénite: «Il est heureux de vivre dans nos régions tempérées, où le sexe qui a le plus d'agrément embellit la société, et où les femmes pudiques se réservant aux plaisirs d'un seul, servent encore à l'amusement de tous.» Vieux macho, va. -
A


    

4/19/2016

Fishawi, Jeddah

Pensant a Hannibal traversant les Alpes peut-etre Munich a Innsbruck, lisant PAW




In 1880, the bicycle, with its wildly mismatched wheels, was transforming human locomotion, at least among those wealthy enough to own one - and brave enough to ride it. At Princeton, a bicycle club had been formed the previous year, although, as The Princetonian observed, "the number of enthusiastic novices to be found about the campus, engaged alternately in mounting the vehicle and picking themselves up from the ground, is small."
This did not deter the borough
of Princeton from taking steps to ban the bicycle, inspired perhaps by New York, where, to quote the Times, "its speed and its knock-down powers compel City authorities to prohibit its use on ordinary thoroughfares." On Jan. 16, the ban provoked a satirical response from The Princetonian. "Bicycling contributes scarcely at all to the prosperity of commercial and industrial Princeton .... The narrow-minded vehicle consumes only a little oil. So it is apparent what a natural thing it would be for the city fathers to rise in righteous indignation at so selfish a sport, and, as
unfortunately happened to be in their power, suppress it."
By the spring, as the weather warmed and roads grew firm, criticism grew more pointed. On April 9, the ordinance's constitutionality was questioned. "There are several students in College now owning machines, who are very anxious to ride, and many others would speedily purchase bicycles if this stupid law was repealed .... Here then is an opportunity for the lawyers to once more come to
our aid, and by testing the ordinance
or having it repealed, confer a favor
on those who enjoy this exercise, and who wish to have it grow in favor as a College sport."
Perhaps the prospect oflegal action was enough to soften the borough's heart, for on April 21, the ban on bicycles was lifted, fostering a mode of transport that a few years later blossomed with the coming of the "safety bicycle" we know today .•
John S. Weeren is founding director of Princeton Writes and a former assistant University archivist.

Café de Flore, l'"anti-Daoudisme"

Cet article dans le Monde du Dimanche 21-Lundi 22 Fevrier avec l'article de Kamel Daoud se retirant du journalisme:
"Difficile d'imaginer que tu pourrais croire ce que tu as écrit" par ADAM SHATZ

L'artcle de Kamel Daoud, "Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens," sera suivi par l'itroduction,par SERVICE DEBATS du journal, Le Monde, sur l'article de K Daoud le 21 février, et l'article d'Adam Shatz dans le New York Times et publié dans LeMonde:


   
à l'avenir des miens »
PAR KAMEL DAOUD
c
her ami, j'ai lu avec attention ta lettre, bien sûr. Elle m'a touché par sa générosité et sa lucidité.

Etrangement, ton propos est venu con­forter la décision que j'ai prise au cours des derniers jours. J'y ai surtout retenu l'expression de ton amitié tendre et complice malgré l'inquiétude. je vou­drais cependant répondre.

rai longtemps écrit avec le même es­prit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur.

J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seule­ment parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme, en Al­gérie, durant les années dures m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit,le mythe de l'expérience,

rai donc écrit souvent, trop, avec fu­reur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la prise de consciente, à l'abdication ou à l'intégrisme, selon nos buts dans la vie. Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses.

D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre; le texte sur «Cologne» j'en avais écrit une par­tie, celle sur la femme, il y a des années. A l'époque, cela n'a fait réagir personne ou si peu. Aujourd'hui, les temps ont changé: des crispations poussent à in­terpréter et l'interprétation pousse au procès. J'avais écrit cet article et celui du New York Times début janvier; leur suc­cession dans le temps est donc un acci­dent et pas un acharnement de ma part. J'ai écrit poussé par la honte et la colère contre les miens et parce que je vis dans ce pays, dans cette terre. J'y ai dit ma pensée et mon analyse sur un aspect que l'on ne peut cacher sous prétexte de «charité culturelle».

je suis écrivain et je n'écris pas des thè­ses d'universitaire. C'est une émotion aussi. Que des universitaires pétition­nent contre moi aujourd'hui, à cause de ce texte, je trouve cela immoral: parce qu'ils ne vivent pas ma chair ni ma terre, et que je trouve illégitime sinon scandaleux que certains me pronon­cent coupable d'islamophobie depuis des capitales occidentales et leurs ter­rasses de café où règnent le confort et la sécurité. Le tout servi en forme de pro­cès stalinien et avec le préjugé du spé­cialiste: je sermonne un indigène parce que je parle mieux que lui des intérêts des autres indigènes et postdécolonisés. Cela m'est intolérable comme posture. je pense que cela reste immoral de m'of­frir en pâture à la haine locale sous le

verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. je pense que c'est honteux de m'accuser de cela en restant bien loin de mon quotidien et celui des miens.

L'islam est une belle religion selon l'homme qui la porte, mais j'aime que les religions soient un chemin vers un dieu et qu'y résonnent les pas d'un homme qui marche. Ces pétitionnaires embusqués ne mesurent pas la consé­quence de leurs actes sur la vie d'autrui.

Cher ami, j'ai compris aussi que l'épo­que est dure. Comme autrefois l'écrivain venu du froid, aujourd'hui l'écrivain venu du monde dit «arabe» est piégé, sommé, poussé dans le dos et repoussé. La surinterprétation le guette et les mé­dias le harcèlent pour conforter qui une vision, qui un rejet et un déni. Le sort de la femme est lié à mon avenir, à l'avenir des miens. Le désir est malade dans nos terres et le corps est encerclé. Cela, on ne peut pas le nier et je dois le dire et le dé­noncer. Mais je me retrouve soudaine­ment responsable de ce qui va être lu se­lon les terres et les airs. Dénoncer la thé­ocratie ambiante chez nous devient un argument d'islamophobe ailleurs.

Est-ce ma faute? En partie. Mais c'est aussi la faute de notre époque. C'est ce qui s'est passé pour la tribune sur « Colo­gne». je l'assume mais je me trouve dé­solé pour ce à quoi elle peut servir comme déni d'humanité de l'Autre. L'écrivain venu des terres d'Allah se trouve aujourd'hui au centre de sollici­tations médiatiques intolérables. je n'y peux rien mais je peux m'en soustraire: par la prudence, comme je l'ai cru, mais aussi par le silence comme je le choisis désormais.

je vais donc m'occuper de littérature et, en cela, tu as raison. J'arrête le journa­lisme sous peu. je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explo­rer. Non pas abdiquer, mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias. je me résous à creuser et non déclamer.

J'ai pour ma terre l'affection du désen­chanté. Un amour secret et fort. Une passion. J'aime les miens .et les cieux que j'essaye de déchiffrer dans les livres et avec l'œil la nuit. je rêve de puissance, de souveraineté pour les miens, de cons­cience et de partage. Cela me déçoit de ne pas vivre ce rêve. Cela me met en co­lère ou me pousse au châtiment amou­reux. je ne hais pas les miens, ni l'homme en l'autre. je n'insulte pas les raisons d'autrui. Mais j'exerce mon droit d'être libre. Ce droit a été mal interprété, sollicité, malmené ou jugé. Aujourd'hui, je veux aussi la liberté de faire autre chose. Mille excuses si j'ai déçu, un mo­ment, ton amitié cher Adam.

Et si je rends publique cette lettre aujourd'hui, c'est parce qu'elle s'adresse aux gens affectueux de bonne foi comme toi.Et surtout à toi. •
Created by Readiris, Copyright IRIS 2009
Created by Readiris, Copyright IRIS 2009
écrivain est lauréat du prix
du premier roman Meursoult
" (Actes Sud, 2014)C

                article de Adam Shatz, que nous publions ci-con­tre. Les deux hommes échangent sur le débat suscité par deux récentes tribunes de fantas­mes », est parue dans Le Monde le 5 février, après avoir été diffusée par le quotidien ita­lien Là'Re.e.ubblica et le magazine suisse L'Hebdo. Le second article a été publié dans le New York Times du 14 février.
Ces deux textes portaient sur les agres­sions sexuelles de masse commises la nuit du 31 décembre à Cologne, dont les auteurs présumés seraient des migrants. Kamel Daoud soulignait ainsi dans Le Monde les «fantasmes " que révèle le débat sur la nuit de Cologne. Il s arrêtait tout d'abord aux réactions occidentales. ou deux lectures s'af-
__ ~,l'une tentée par l'angélisme. l'autre par la diabolisation. Kamel Daoud renvoie dos à dos la gauche et la droite (ainsi que l'ex­trême droite), qui refusent, selon lui, de pen­ser pleinement les événements. Contre ces idées préconçues, il demande que l'accueil ne soit pas seulement une procédure admi­nistrative, mais soit complété par une dé­marche d'accompagnement culturel. quitte « à partager, à imposer, à défendre, à faire comprendre» des valeurs, afin d'aider les mi­grants à sadapter a un nouvel espace où les femmes ne sont pas déconsidérées, comme elles le sont dans le monde arabo-musul­man. Car Cologne est le triste rappel du fait que la femme y est « niée, refusée, tuée, voi­lée, enfermée ou possédée », «Le sexe est la plus grande misère dans le "monde diUlah': A tel point qu'il a donné naissance à ce porno­islamisme dontfont discours les prêcheurs is­lamistes pour recruter leurs "fidèles", descrip­tions d'un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux,fantasme des vierges pour les kamikazes, chasse aux corps dans les espaces publics, puritanisme des dictatures, voile et burqa. »

SILENCE MÉDIATIQUE
Il a poussé plus loin cette réflexion dans le New York Times. Il y affirmait: «Aujourd'hui, avec les derniers flux d'immigrés du Moyen­Orient et dilfrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretien­nent avec la femme fait irruption en Europe. Ce qui avait été le spectacle dépaysant de ter­res lointaines prend les allures d'une confron­tation culturelle sur le sol même de l'Occi­dent. Une différence autrefois désamorcée par la distance et une impression de supério­rité est devenue une menace immédiate. Le grand public en Occident découvre, dans la . peuret l'agitation, que dans le monde musul­man le sexe est malade. »
Le 12 février, un collectif de chercheurs lui répondait dans les colonnes du Monde. Ils l'accusaient d' « alimenter les fantasmes is­lamophobes d'une partie croissante du pu­blic européen ». Il réduirait également « un espace regroupant plus d'un milliard d'ha­bitants et s'étendant sur plusieurs milliers de kilomètres à une entité homogène, définie par son seul rapport à la religion ». Kamel Daoud aurait en outre le tort de présenter les réfugiés comme « culturellement ina­daptés et psychologiquement déviants », ils devraient « avant toute chose être réédu­qués ». Ce « paternalisme colonial» permet­trait de « conditionner l'accueil de personnes quifuient la guerre et la dévastation ».
Dans une tout autre affaire, un imam sala­fiste, Abdelfattah Hamadache Zeraoui; a pro­noncé une fatwa à son encontre le 16 décem­bre2014, appelant il son « exécution»,
L'écrivain fait aujourd'hui le choix du si lence médiatique, près de vingt ans après
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PAR ADAM SHATZ
Cher Kamel, il y a quelques jours, une amie tunisienne m'a envoyé une tribune parue dans Le Monde. Ce texte portait la signature de plusieurs universitaires que je connais. Des universi¬taires un peu bien-pensants, c'est vrai, mais, quand même, des gens qui ne sont pas tes adversaires - qui ne devraient pas être tes adversai¬res. Le ton de la lettre m'a dérangé. Je n'aimais pas le style de dénoncia¬tion publique, un style qui me rap¬pelait un peu le style gauche-sovié¬tique-puritain. Et tu dois savoir qu'en tant qu'ami je ne signerai pas de telle lettre contre toi, bien que je ne partage pas du tout les opinions que tu as exprimées dans cet article, et par la suite, même plus féroce¬ment encore, me semble-t-il, dans la tribune du New York Times.
Pour moi, c'est très difficile d'ima¬giner que tu pourrais vraiment croire ce que tu as écrit. Ce n'était pas le Kamel Daoud que je connais et dont j'ai fait le portrait dans un long article. Nous avons beaucoup parlé des problèmes de sexe dans le monde arabo-musulman quand j'étais à Oran. Mais nous avons aussi parlé des ambiguïtés de la « culture » (mot que je n'aime pas) ; par exem¬ple, le fait que les femmes voilées sont parfois parmi les plus émanci¬pées sexuellement. Dans tes écrits récents, c'est comme si toute l'ambi¬guïté dont nous avons tant discuté, et que, plus que personne, tu pour¬rais analyser dans toute sa nuance, a disparu. Tu l'as fait de plus dans des publications lues par des lecteurs oc¬cidentaux qui peuvent trouver dans ce que tu écris la confirmation de préjugés et d'idées fixes.
«TOMBER DANS DES PIÈGES»

Je ne dis pas que tu l'as fait exprès, ou même que tu joues le jeu des « im¬périalistes ». Non, je ne t'accuse de rien. Sauf de ne pas y penser, et de tomber dans des pièges étranges et peut-être dangereux. Je pense ici surtout à l'idée selon laquelle il y aurait un rapport direct entre les événements de Cologne et l'isla¬misme, voire 1'« islam » tout court.
Je te rappelle qu'on a vu, il y a quel¬ques années, des événements simi¬laires, certes pas de la même am¬pleur, mais quand même, lors de la parade du Puerto Rican Day à New York. Les Portoricains qui ont alors molesté des femmes dans la rue n'étaient pas sous l'influence de l'islam mais de l'alcool...
Sans preuve que l'islam agissait sur les esprits de ces hommes à Co¬logne, il me semble curieux de faire. de telles propositions, et de suggé¬rer que cette « maladie » menace l'Europe ... Dans son livre La Maladie comme métaphore (Christian Bour¬gois, 2005), un ouvrage devenu un classique, Susan Sontag démontre que l'idée de « maladie » a une his-


toire pas très reluisante, souvent
liée au fascisme. Les juifs, comme tu r le sais, étaient considérés comme
une espèce de maladie; et les antisé¬mites d'Europe, au XIXe siècle, à l'époque de l'émancipation, se sont montrés très préoccupés des coutu- ". mes sexuelles des juifs et de la do-. '" mination des hommes juifs sur les
femmes ... Les échos de cette obses- ••
sion me mettent mal à l'aise.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas parler de la question sexuelle dans le monde arabo-musulman. Bien sûr que non. Il y a beaucoup d'écrivains qui en ont parlé d'une façon révéla¬trice (la sociologue marocaine Fa¬tima Mernissi, le poète syrien Ado¬nis, même, quoiqu'un peu hystéri¬quement, le poète algérien Rachid Boudjedra) et je sais de nos conver¬sations, et de ton roman magistral, que tu as tout le talent nécessaire pour aborder ce sujet. Il n'y a pas beaucoup de personnes qui peu¬vent en parler avec une telle acuité. Mais après avoir réfléchi, et dans une forme qui va au-delà de la pro¬vocation et des clichés.

Après avoir lu ta tribune, j'ai dé¬jeuné avec une auteure égyptienne, une amie que tu aimerais bien, et elle me disait que ses jeunes amis au Caire sont tous bisexuels. C'est quelque chose de discret, bien sûr, mais ils vivent leur vie; ils trouvent leurs orgasmes, même avant le ma¬riage, ils sont créatifs, ils inventent une nouvelle vie pour eux-mêmes, et, qui sait, pour l'avenir de l'Egypte.

Il n'y a pas d'espace pour cette réa¬lité dans les articles que tu as pu¬bliés. Il n'y a que la « misère » - et la menace que représentent ces misé¬rables qui sont actuellement réfu¬giés en Europe. Comme les juifs le disent pour leur Pâque (et ce que les Israéliens oublient en Palestine) : il faut toujours se souvenir que l'on a été étranger dans la terre d'Egypte.

Kamel, tu es tellement brillant, et tu es tendre, aussi, ça, je le sais. C'est à toi, et à toi seul, de décider comment tu veux t'engager dans la politique, mais je veux que tu sa¬ches que je m'inquiète pour toi, et que j'espère que tu réfléchiras bien à tes positions ... et que tu retourneras au mode d'expression qui. à mon avis, est ton meilleur genre: la litté¬rature.

J'espère que tu comprendras que je t'écris avec le sentiment de la plus profonde amitié.

Adam Shatz est un essayiste
et journaiiste américain. Il contribue
la London Reviev« of Books.
En il un long
portrait de Kamel Daoud dans le" New York