Reading this --news from London, with quotations from the classics, praise of Milton's epic poem, and the other discussions at the London coffee houses--is consolation for me as I think about the recent islamicist who drove across Westminister Bridge and stabbed a guard at Parliament to death.
Cafés de la Méditerranée...Mediterranean Coffee Shops...قهاوي البحر الإبيض المتوسط A journal in the style of The Tatler, 1709, by Steele Un journal dans le style de "The Tatler," 1709 par Steele 1709 مجلة في طرازالحكي
3/30/2017
A link to the Tatler and the Spectator
Reading this --news from London, with quotations from the classics, praise of Milton's epic poem, and the other discussions at the London coffee houses--is consolation for me as I think about the recent islamicist who drove across Westminister Bridge and stabbed a guard at Parliament to death.
3/23/2017
Mcnamara Detroit Terminal Ground Ops Coffee Machine
15 mars2017CHARLIE HEBDO N° 1286 i 3 |
L'ÉDITO de RISS PARIS-ALGER, ALLER-RETOUR |
En Algérie, un jeune écrivain vient d'être accusé de blasphème parce qu'un de ses romans a eu le grave défaut de parler de Dieu en termes ironiques. Il risque jusqu'à cinq ans de prison pour avoir offensé le Pro-
phète et dénigré «le dogme ou les préceptes de l'islam». On peut se demander en quoi cette poursuite judiciaire concerne la France. Les citoyens français ne sont pas soumis à de telles lois et, ici, tout le monde peut écrire ce qu'il veut, comme il veut et sans crainte. En principe. Pourtant, il s'est installé dans la société française une curieuse ambiance autour des questions de tolérance et de religion. Ce qui semble exotique en Algérie est peut-être annonciateur de ce qui arrivera demain en France. Dans les années 1990, quand l'Algérie était ensanglantée par les islamistes, on n'imaginait pas que la France serait frappée à son tour par cette violence. On a vu ce qu'il advint par la suite... . La mésaventure de ce jeune écrivain n'est pas une péripétie qu'on doit minimiser sous prétexte qu'elle a lieu en Algérie. Que se passerait-il en France si un livre décrivant Dieu sous forme d'un SDF suscitait des vagues d'indignation comparables? Aujourd'hui, les moindres protestations ou menaces proférées sur les réseaux sociaux suffiraient pour faire taire l'insolent qui publierait de telles ironies. Depuis 2015,l'intolérance à l'égard du blasphème n'a fait que grandir. En France, malgré la loi qui en protège l'exercice, les esprits qui rejettent le blasphème sont plus nombreux qu'on le croit et ne se limitent plus à la sphère marginale de quelques religieux illuminés. Le blasphème est bien installé dans les têtes, et la loi qui l'autorise semble de plus en plus en décalage avec cette triste réalité. Il y a trois semaines, Charlie Hebdointerpellait les candidats à la présidentielle pour obtenir d'eux rengagement que la loi de1905 ne serait pas amendée s'ils étaient élus à l'Élysée. Pour certains commenta teurs, cette initiative n'avait pas d'objet car, selon eux, . personne ne revendique sérieusement de la remettre -en cause. Certes, mais sur le terrain, la réalité défie souvent les règles édictées par cette loi. Et on aimerait constater que rengagement des hommes politiques pour la défendre est .bien réel, et pas seulement une promesse de plus. Car on ne défend pas une loi en disant qu'on n'y touchera pas. On la défend en défendant ce qu'elle est censée défendre. Le destin des Algériens s'était invité dans la campagne électorale quand Emmanuel Macron avait condamné la colonisation que .la France leur avait fait subir pendant plus d'un siècle. Mais pour défendre un jeune écrivain algérien menacé d'être condamné comme blasphémateur, il n'y a plus grand monde qui se bouscule. Il est des malheurs qu'il est glorieux de dénoncer, et d'autres, beaucoup plus encombrants, qu'on préfère mettre sous le tapis. Car en politique, la religion est devenue un sujet hautement explosif Lors d'une réunion pour préparer une campagne de six mois contre le sexisme organisée par le ministère des Droits des femmes, une personnalité issue de la société civile proposa que parmi les thèmes soit abordé celui de «la religion et les femmes », On a répondu que la religion serait traitée plus tard, mais pas dans le cadre de ce plan «contre le sexisme». Incroyable réponse pour une action ministérielle visant à dénoncer les oppressions subies par les femmes. [anecdote n'est pas anodine et témoigne de l'hypersensibilité qui règne dans la société française et, plus encore, dans le monde politique dès qu'on prononce le mot «religion». C'est pour cela que Charlie Hebdo a sollicité les candidats à la présidence sur la loi de 1905. À ce jour, plusieurs d'entre eux ont répondu. Mais curieusement, certains, et pas des moindres, n'ont pas daigné le faire. Laissons-leur le temps de rédiger leur réponse avant de les juger. Même si une élection présidentielle doit débattre de tous les problèmes de la société française, comme l'écologie, l'économie, l'éducation ou la culture, la réflexion sur la place de la religion dans notre société ne peut plus être évitée. Il est vrai que cette question est un peu surréaliste. Qui aurait imaginé, il y a trente ans, qu'elle mériterait un jour d'être posée dans une élection présidentielle? En 2017, elle n'est malheureusement plus superflue. La poser n'a pas pour but de rassurer uniquement les citoyens français, mais aussi tous ceux qui dans le monde pensent que la France incarne des valeurs fondamentales comme la liberté de conscience et le refus de la soumission au sacré. C'est donc aussi pour ce jeune écrivain algérien et ses semblables à travers le monde que les candidats de cette élection présidentielle se doivent de donner à l'interpellation de Charlie Hebdosur la loi de 1905 une réponse claire et ferme. !Il |
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3/15/2017
Shati' Tea and Falafel shop -
Charlie Hebdo 2 Marz 2017 No. 1284 Deutsche Ausgabe
Was halten sie von der Meinungsfreiheit Herr Erdogan?
Ich spreche nicht mit vollem Mund!
Dallmayer, Dienerstraße 14, 80331 München, Allemagne Bon cafe a Munich, قهوة جيدة في مونشن المانية
a Dallmayr, Dienerstr. 14-15 | D-80331 München
Thousands march in Gaza vs. Hamas cuts in electricity
BY LEA SHERMANWorking people in the Gaza Strip won a victory when they forced the Hamas government to restore electricity to previous levels, following a series of protests. In the middle of winter, residents were provided with just four hours of electricity at a time followed by 12 hours without power. This was a steep cut from the already low levels of eight hours prior to the crisis.The largest action was Jan. 12 when some 10,000 Palestinians in Jabaliya, the largest of eight refugee camps in Gaza, took to the streets.
In a rare sign of public protest in Gaza, which is tightly controlled by the Islamist group Hamas, they marched to the offices of the electricity company. Protesters chanted, “Raise your voice, electricity cuts mean death,” “Oh, Haniya and Abbas, we are being trampled!” and “The people want the fall of the regime.”
The chants were aimed at Ismail Haniya, leader of Hamas, and Mahmoud Abbas, head of the rival Fatah party and the president of the Palestinian Authority ruling in the West Bank.
Hamas security forces fired live ammunition in the air to disperse the crowd, hit participants with batons and arrested some of the protesters.
Nearly 2 million Palestinians live in Gaza, one of the most densely populated areas in the world. To keep electric power running round the clock would require 450 to 500 megawatts a day, but the territory receives less than half of that.
Israel supplies 120 megawatts, Egypt supplies 30 megawatts and Gaza’s only power plant, which runs on diesel fuel and was bombed by the Israeli army in 2006 and 2014 and never rebuilt to full capacity, generates 60 megawatts.
The cause of the latest shortages is not entirely clear, but Hamas and the Palestinian Authority blamed each other. Hamas buys diesel from the Palestinian Authority, which taxes the fuel.
Capitalist and middle class families living in wealthy neighborhoods have solar panels, Al-Monitor newspaper reported last year. But the panels, rechargeable batteries and transformers that can cost $1,000 to be able to light a house for eight hours, are beyond the reach of the vast majority.
By Jan. 16 the government of Qatar had come to the rescue of Hamas, sending $12 million to pay for diesel fuel. The Turkish government also promised aid.
The Israeli government pulled its citizens and military out of Gaza in 2005, turning control over to the Palestinian Authority. The next year Hamas defeated Fatah in elections and then pushed its rivals out in bloody street clashes in 2007.
The people of Gaza have paid a high price for Hamas’ reactionary, anti-working-class program, its calls for the destruction of Israel and its promotion of Jew-hatred, which has brought three wars with Israel in the past 10 years. In the 2014 war Tel Aviv retaliated for missiles Hamas fired into Israel. The Israeli attacks killed more than 2,100, injured some 11,000 and destroyed factories. The casualties were so high because Hamas’ strategy was to place its weapons in working-class neighborhoods, as well as schools and hospitals.
The Israeli government tightly controls the entry of everything from concrete to medical supplies into the territory, exacerbating shortages. Some 95 percent of water in Gaza isn’t fit to drink, the unemployment rate is over 40 percent, and hospitals face dire shortages of medicines, equipment and supplies.
Every few weeks Salah Haj Yahya and a few other Israeli Arab doctors from Physicians for Human Rights take a mobile clinic to Gaza.
“They [Hamas] can bring out hundreds of thousands of people. But there are many angry people who are very frustrated with Hamas,” Haj Yahya told the Israeli daily Haaretz Jan 7. “Many people tell me they dream of returning to Israel to work, as they once did. They feel that no one cares about them, not the Israelis, not the Egyptians, and not the Palestinian Authority.”
3/09/2017
Sonn Alpin 2000m Café zur Zugspitze
2/19/2017
Cafe de Flore, Paris
2/18/2017
MacNamera Ground Ops Coffee Machine, detroit metro
2/17/2017
Cafe Central, Wein
Talk here about the history of anarchists. the news of the anti-free speech "black " disquised sucker punchers at Trump supporters on the campus of Berkeley reminds me of things I should read..."The workers movement has a long history of experience with anarchist currents, going back to the political battles of communist leaders Karl Marx and Frederick Engels against Joseph-Pierre Proudhon and Mikhail Bakunin in the 1800s. (See Marx’s The Poverty of Philosophy and an 1873 article “The Bakuninists at Work” by Engels.) The anarchists delstroyed the International Workingmen’s Association led by Marx. They bore much of the responsibility for the disastrous defeat of the working class in the Spanish Revolution of the 1930s. Those and many other examples are the political continuity of today’s black blocs." The Militant Feb 19
2/09/2017
Cafe de Flore, blvd. St Germain, Paris, Fance
1/25/2017
Fishawi,Cairo
12/22/2016
Fishawi, Jeddah (Just a bit north of Souk al-Alawi)
12/13/2016
Le Procope, Paris Métro. Odéon
12/10/2016
Fishawi, Jeddah: les cafés littéraires
قهاوي مشحور من زمان وليشت موجودة الان:
Cabaret de la Pomme de pin (Villon, Moliere, Racine et Boileau y etaient)
Le Momus, "ou fut invente la boheme du 19ieme siecle
قهاوي مشهورة و لسى موجودة:
Le Pilvax, Budapest
Caffe Florian, Venezia
Cafe Pombo, Madrid
Cafe Central, Vienna
La Brasileira, Lisbonne
MACHA SÉRY
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' Cétaient. des conclaves et des confréries, des bouillons de culture et
des parlements. «Les cafés ont eu pour voca
tion d'être à la fois un salon et une académie, et
quelles que soient la latitude et la longitude, un conservatoire et un
cabinet ministériel réel ou fantomatique ii, rappelle Gérard-Georges Lemaire, qui signe une somme
abondamment illustrée, Les Cafés littéraires - formule entendue au
sens large, en fait sur les débits de boissons, y compris les cabarets, où
s'est jouée l'histoire des idées en Orient et en Occident.
Liés à la
découverte du breuvage du même nom, nés en Arabie; considérés comme des «écoles
du savoir ii sous l'Empire ottoman, les cafés sont apparus en
Europe au XVIIe siècle. De Paris à Londres, de Moscou à Cracovie, certains
sont entrés dans la légende pour avoir abrité artistes et intellectuels. Du
Caffè Florian de Venise au Café Pombo de Madrid, du Café Central de Vienne à
lA Brasileira de Lisbonne, l'historien brosse des saynètes d'époque et
multiplie les anecdotes glanées au cours d'une vie de recherches.
Commissaire de nombreuses expositions et d'aussi nombreux ouvrages
sur le sujet depuis trois décennies, il écrit à la manière d'un mémorialiste
doublé d'un chroniqueur contemporain. Il rappelle les préjugés qui ont entaché
la naissance de ces établissements - le café, boisson excitante, néfaste, au
point que, pour en corriger la réputation, le philosophe anglais Francis
Bacon (1561-1626) rédigea un opuscule en prescrivant la consommation pour
soigner les alcooliques. Passé ce combat contre la Faculté, les annales
fourmillent d'exemples qui montrent combien le café - comme lieu - est un laboratoire
d'idées, qu'il s'agisse du cabaret de la Pomme de pin, dont Villon, Molière,
Racine et Boileau furent les familiers, ou du Mermaid Club, le premier « coffee society» de Londres que fréquentèrent,
notamment, Shakespeare, Charles Cotton, Ben Jonson, et qui fut détruit lors
du grand incendie de 1666.
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Danton et Marat au Procope
Le Momus - où s'est inventée là bohème parisienne au
XIXe siècle - a, lui aussi, disparu. Le Procope, fondé en 1686, en revanche,
est toujours là, rue de l'AncienneComédie. Son-atmosphère paraît aujourd'hui
bien plus feutrée qu'en 1789, quand Danton y haranguait les foules en compagnie
de Marat. «La Révolution naissante y a ses rites et mêmes ses
cérémonies. Tous les soirs, sur le coup de 9 heures,
on allume unfeu de joie devant la porte avec les gazettes modérées. ii A la mort de Benjamin Franklin, en 1790, le Procope
est décoré comme un temple païen.
«Les cafés parisiens se dis tin uent
des
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![]() |
LA GRANDE ARMOIRE
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Une tournée joliment documentée des cafés oùse refaisait le monde, du XVIIe au XIXe siècle
Du café et des idées
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tion des nouvelles et la confrontation des opinions
contraires y sont prédominantes sur la poésie et la musique, qui
ny ont guère d'espace ii, souligne Gérard-Georges
Lemaire qui, au fil des pages, voyagé autant dans les pays que dans les
livres. «Les cafés ont un drapeau, enchérissent les fréres Goncourt, et
l'on juge de l'opinion d'un homme à Paris par le café dont il est habitué. ii D'où les querelles de clocher ou de comptoir.
Au Pilvax. '
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surrectionnel qui aboutit à la proclamation de
l'indépendance de la Hongrie le 15 mars 1848. C'est aussi dans un modeste
établissement de Prague qu'est décrétée, en 1911, la Sécession menée par un
groupe d'artistes figuratifs en rupture de ban avec IArt nouveau.
Par où l'on voit que l'esprit infuse idéalement dans
le marc du café. _
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LES CAFÉS LITTÉRAIRES,
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C
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12/02/2016
From my appartment --other news...Charlie Hebdo in German!
POUR QUI FAIT-IL BON VIVRE EN ALLEMAGNE?
WIE LEBT MAN GLUCKLICH IN DEUTSCHLAND?
11/25/2016
Shati' Tea and Falafel Shop, Gaza
L'homme qui inspira Malraux
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L'essayiste italien montre ce que l'auteur
de «La Condition humaine» doit à Gabriele D'Annunzio.
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PAR MAURIZIO SERRA
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Écrivain et diplomate italien, Maurizio Serra est
l'auteur de sept livn s, dont des biographies de Curzio
Malaparte et Italo Svevo. En
, 2008, il a publié à La Table Ronde une passionnante
étude intitulée Les Frères séparés. Drieu La Rochelle, Aragon,
Malraux face à l'Histoire. Alors
qu'il prépare une biographie de Gabriele D'Annunzio, nous lui avons demandé
d'évoquer la place qu'occupa l'écrivain italien dans la vie de Malraux.
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LE JEUNE MALRAUX s'est attaqué à son aîné Gabriele D'Annunzio (1863-
1938) avec la même énergie qu'il employa à piller
les temples khmers. Cela aurait réjoui l'intéressé, qui adorait ces
emprunts entre confrères sachant «voler» (dans les deux sens du terme!) à
la même altitude, et qui était lui-même un plagiaire sériel,
animé par une force, un élan, un amour intarissable du lyrisme universel,
qui lui faisaient «d' annWlZianiser » tout ce qu'il touchait: du Bhagavad-Gita à Catulle, Dante et
Victor Hugo, jusqu'aux lettres dictées au front par ses frères inconnus des
tranchées.
Celui qui annonçait à Clara: «Je finirai bien par être D'Annunzio!
» a largement tenu son pari. Ne
lisant -pas Iatangne de sorrrnotlêle, malgr
une grand-mère italienne, il s'est basé sur les traductions qu'André Doderet,
auteur non inoubliable de Sérénade sanglante et À quoi rêvent les
vieilles filles?, avait honnêtement fournies dans les années 1920, sous
la direction du maître, des chefs-d'œuvre de D'Annunzio entre l'exil
français (1910-1915) et la guerre: Contemplation de la mort, La Léda sans çygne, Envoi à la France, La Torche sous le
boisseau. Et, bien entendu, Nocturne, le journal de la perte de son
œil droit (pour fait de guerre) et de sa cécité provisoire, dont nous
retrouverons le ton abrupt et élégiaque jusque dans Le Miroir des limbes. En
revanche, dans L'Espoir il a repris la description des funérailles de
l'aviateur sur la colline, à la fin de Forse che siforse che no
(191O),le dernier roman de. D'Annunzio, officiellement traduit par une
Donatella Cross qui était une de ses innombrables maîtresses, Nathalie de
Goloubeff, en fait par l'auteur lui-même assisté de l'écrivain Charles
Müller, mort pour la France en 1914.
Se sont-ils connus? Selon Philippe Juillan, auteur dans les années
1970 d'une biographie très inventive du poète, Malraux lui déclara qu'il fut
convié au début de la Grande Guerre à une réunion dans un hôtel des Champs-
Élysées.
|
D'Annunzio
était là « en uniforme», alors qu'il ne
s'engagera volontaire, à cinquante-deux ans, qu'à son retour en Italie (en
1915). André avaitalors moins de quatorze ans.
À peine plus âgé, quarante ans plus tôt, Gabriele avait publié son
premier recueil de (mauvais) poèmes. Malheureusement, il ne reste aucune
trace de cette rencontre prémonitoire dans les carnets d'annunziens, qui
sont très détaillés à cette époque, à commencer par ses entrevues avec
Montesquiou, Barrès et Debussy. Il empile les boîtes de sardines, de crainte
que les bouchers lui servent du rat dans le Paris assiégé de 1914, comme en
1870. Il . cherche à mettre à l'abri son chenil de lévriers de course, dont
deux ou trois finiront à Philippe Pétain, qui allait prendre sa retraite. Au
général Gallieni d'origine lombarde qui lui parle en patois milanais (trois
mots, n'exagérons pas), il répond: «Je donnerais tous mes livres pour agir
comme vous! » Il va se recueillir sur la
sépulture de Péguy, qui avait éreinté son décadentisme dans les Cahiers de
la Quinzaine, quelques jours
avant que le traducteur allemand du poète français, le symboliste Ernst
Stadler, tombe à son tour au champ d'honneur. «Hideuse Europe, qui détruit
tes meilleurs
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"Ne lisant pas la
langue
de son modèle, Malraux
s'est basé sur les traductions qu'André Doderet avait fournies dans
les années 1920 des chefs d'œuvre
de D'Annunzio"
MAURIZIO SERRA
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
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fils ... » N'est-ce
pas actuel? Dans les salons du Faubourg Saint-Germain et chez Anne de
Noailles, il manque à plusieurs reprises l'occasion de croiser Proust qu'il
ne comprendra jamais (à quoi bon rechercherle temps s'il
est perdu? C'est vivre qu'il faut...): une fois c'est l'asthme de l'un, la
suivante un rendez-vous galant de l'autre. Bref, a-t-il rencontré également
ce Malraux en culottes courtes? Pourquoi pas, après tout? Tout est possible
à l'homme qui ira pérorer la cause de Dimitrov, l'instigateur présumé de
l'incendie du Reichstag, auprès d'un Goebbels qui ne s'en est même pas rendu
compte, et recueillera les confidences de Staline, qu'il a vu seulement de
loin sur la place Rouge; sans oublier ses entretiens avec Mao, qui occupent
des pages et des
|
pages des Antimémoires, l'équivalent d'une
petite demi-heure, temps de la traduction compris, selon le compte rendu
officiel.
Et puis, bien sûr, l'aviation est le nouveau mythe
qui les unira. Sans avoir passé son brevet de pilote (il n'a même pas son
permis de conduire), D'Annunzio, obsédé par la vitesse, saluant «le vent
rapide de la modernité», plane
sur tous les fronts de guerre et y risque vingt fois sa vie. Il est
observateur au début du conflit, commandant, trois ans plus tard, d'une
escadrille de chasse à laquelle il donne le nom vénitien de «La Serenissima».
Le commandant de l'Escadrille Espana s'en souviendra-t-il? On y trouve des
casse-cous, dont la moitié s'immoleront au combat et les autres
, chercheront la meilleure façon de périr après, dans
des raids faramineux Paris-Rio ou Rome- Tokyo, ou encore dans le «Noël de
sang» 1920, qui, à Fiume, opposera les légionnaires d'annunziens à l'armée
régulière italienne. Les survivants se retrouveront, fascistes ou résistants,
dans la nouvelle guerre mondiale. D'Annunzio, mort et embaumé entre-temps,
fils malgré tout de l'Europe libérale du XIXe siècle, aurait eu du mal à
concevoir Auschwitz et le Goulag. Son cadet était mieux équipé pour le
faire.
Dans la solitude carcérale du Vittoriale, son palais
de dix-sept ans d adieux sur le lac
de Garde (1921- 1938), le poète
ex-condottiere s'exclame encore à l'adresse de sa seconde patrie, qui l'a
tant déçu: «Vive la France, quand même et malgré tout!» D'Annunzio, qui dédaigne ses contemporains,
lira pourtant attentivement La Condition humaine, que l'auteur
ou l'éditeur lui feront parvenir peu après sa parution. Mais l'époque est
désormais lointaine, où il fut un auteur
choyé par ses pairs français. L'inepte amalgame avec ce fascisme qu'il
déteste, tout en s'inclinant à son emprise, l'a éloigné à jama'is de la Ville
Lumière, où il ne remettra plus les pieds. Il ne gardera comme lien que les
hommages onctueux de Valéry (qui le moque, derrière son dos, dans les
milieux de la NRF) ,la dévotion de l'insurgé Suarès ou celle de Montherlant,
qui lui doit un titre (Le paradis à l'ombre
des épées) et une autre belle ration d'emprunts, du Songe à La
Reine morte et Malatesta.
Je n'ai trouvé aucune mention explicite de D'Annunzio
dans le Malraux de la maturité, ce qui a autorisé la plupart des exégètes à
oublier, comme lui, qu'Il-fut l'un de ses précurseurs. Prudence de ministre?
Ils eurent, J'un et l'autre, leur (non nfisérable) petit tas de secrets,
mais également une vie bien remplie et une œuvre qui restera. C'est ce qui
compte .•
|
L
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